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1. BASES TEÓRICAS, MÉTODOS E TÉCNICAS

1.1 Bases teóricas

1.1.3 O uso do geoprocessamento e da estatística

Si les données primaires et secondaires au niveau des producteurs et des responsables de GV, au niveau des organismes de régulation du système coton sont nécessaires, elles restent toutefois insuffisantes pour mettre en évidence les facteurs de spécialisation cotonnière et pour comprendre les modalités de prise de décisions et de production par les exploitations cotonnières. Nous avons complété ces données par des enquêtes menées individuellement auprès des producteurs dans leur village pour appréhender leur comportement économique en termes de production, d’allocation des ressources et de stratégies. Ces enquêtes nous permettent de comprendre le dualisme comportemental de l’agriculteur parce qu’il poursuit des objectifs parfois contradictoires qui l’oblige à faire un compromis entre une incitation à

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une plus grande insertion marchande permettant une accumulation de moyens de production et un développement d’une logique d’entreprise et une incitation à rester insérer dans un tissu de relations sociales assurant une certaine garantie de satisfaction de leur moyen de subsistance. Selon Barthélémy et al. (2003), chaque agriculteur est en permanence traversé par ce dualisme comportemental. Le compromis institutionnel qui règle les rapports entre l’économie marchande et l’économie de solidarité (patrimoniale) n’est pas stable, en ce sens que, pour l’agriculteur, il n’est jamais pleinement satisfaisant : appliquer les valeurs de solidarité c’est mettre en danger le développement de son entreprise et l’accumulation de ressources ; retenir les valeurs de marché, c’est œuvrer à la destruction du groupe familial et/ou professionnel.

Le questionnaire réalisé (Annexe 21) est adressé au chef d’exploitation (CE). Le statut de l’unité de production avec différents niveaux de spécialisation cotonnière renseigne aussi au sujet de l’action économique qui est portée par le CE. Les données collectées ont trait aux facteurs structurels et moyens de production de l’exploitation agricole (terre, consommations intermédiaires, équipement agricole, travail) aux types de productions vivrières et commerciales, aux caractéristiques socio économiques du producteur (âge, sexe, revenu monétaire agricole et extra-agricole, niveau d’instruction, profession extra-agricole), aux activités extra-agricoles, aux facteurs de migration.

Ces données renvoient à une démarche compréhensive de la rationalité des choix économiques du producteur. Elles permettent aussi d’avoir une vision globale des caractéristiques, de l’organisation et du fonctionnement de l’exploitation agricole sous sa triple dimension économique, sociale et technique. Ces données vont servir à déterminer les capacités de production et vont influencer les processus de prises de décisions des producteurs ainsi que sur leur capacité d’adaptation.

L’analyse des choix de production et de leur répartition, des modalités d’allocation des ressources exige l’accès aux informations sur les activités, les flux et sur les résultats de l’exploitation. Ces informations sont parfois fournies par les documents comptables dans les meilleurs des cas. Cependant, les exploitations agricoles du Bénin en général ne tiennent pas régulièrement une comptabilité de leur activité économique même si des essais en conseil de gestion de l’exploitation agricole ont été effectués dans le cadre du Programme d’appui à la diversification des systèmes d’exploitation agricole (PADSE). La collecte de ces informations s’est faite par des enquêtes avec les CE sur la base de leur mémoire. Certes, nous sommes

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conscients de l’imprécision de certaines informations collectées. Mais comme il s’agissait de comprendre les déterminants des décisions de chaque producteur en ce qui concerne ses choix de production et ses modes de répartition et d’allocation des ressources, nous avons construit le questionnaire pour mettre en évidence les facteurs qui déterminent la prise de décisions du producteur.

Nous avons personnellement réalisé une enquête directe complémentaire au titre de la saison agricole 2008-2009 auprès d’un échantillon raisonné de 100 exploitations cotonnières du Nord Bénin tenant compte des disparités régionales, de la localisation géographique et de la contribution de chacun des deux départements du Borgou et de l’Alibori dans la production cotonnière nationale. L’évolution de la production cotonnière et du maïs dans les deux départements sur la période 1996-2008 montre que la spécialisation cotonnière ou en maïs varie d’un département à l’autre (Figures 14 et 15). Les communes de Banikoara et de Kandi dans le département de l’Alibori sont plus spécialisées en coton avec une production en augmentation sensible depuis 2000-01 alors que la commune de Nikki dans le département du Borgou est spécialisée en maïs depuis 2000-01.

Figure 14. Production de coton-graine dans les quatre communes

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Figure 15. Production de maïs dans les quatre communes

Source: Données non publiées du MAEP, 2011 Le travail d’enquête vise à analyser les facteurs de spécialisation cotonnière ainsi que les modalités individuelles d’adaptation des exploitations cotonnières en termes d’allocation de ressources et de production en contexte de crise et d’instabilité institutionnelle. Par l’enquête, l’objectif est d’analyser les facteurs de spécialisation cotonnière et de non spécialisation cotonnière à partir des dotations en ressources des exploitations. Ensuite, nous voudrions comprendre les stratégies d’adaptation individuelle pour faire face à l’instabilité institutionnelle consécutive à la libéralisation, et enfin les déterminants de futurité qui jouent raisonnablement sur les comportements, sur l’allocation des ressources et sur les décisions des agriculteurs.

4.2.1. Communes choisies pour l’enquête auprès des exploitations agricoles

Quatre communes ont été retenues dans les deux départements de l’Alibori et du Borgou : Nikki et N’dali dans le département du Borgou, Banikoara et Kandi dans le département de l’Alibori. Les quatre communes (Carte 1) présentent différents niveaux de production de coton-graine et de productions vivrières (notamment maïs) sur la période 1996-2008. Dans ces communes, le coton constituait la production commerciale dominante autour de laquelle se sont formées des communautés villageoises de producteurs. Le coton assurait aussi des fonctions autres que commerciales.

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Carte 1. Présentation des quatre communes d’étude

Source: Auteur, 2011 12° 10°N 11°N 9°N 8°N 7°N 6°N 12°N 10°N 11°N 9°N 8°N 7°N 6°N

1° 2°E 3°E 4°E

1°E 2°E 3°E 4°E

N 0 100 Km ALIBORI T O G O N I G E R I A NIGER BURKINA FASO OCEAN ATLANTIQUE Banikoara N’Dali Nikki BORGOU Kandi Légende Limite d’Etat Limite de Département Commune Limite de Commune

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4.2.2. Typologie des exploitations agricoles fondée sur l’approche système

L’approche globale qui s’appuie sur la démarche systémique permet non seulement d’éclairer le fonctionnement de l’exploitation agricole en étudiant les liens entre celle-ci et l’environnement socio-économique dans lequel elle s’intègre mais aussi d’évaluer les performances économiques ou l’efficacité des stratégies de production. Elle reste l’approche souvent utilisée pour étudier les systèmes d’exploitations agricoles familiales et pour étudier un complexe de décisions et d’actions mises en œuvre par les producteurs dans leur choix de production. Elle permet de se représenter le processus de production, de fonctionnement au niveau stratégique et social en se basant sur la relation entre une dynamique productive et une dynamique économique et sociale. L’exploitation est envisagée comme une entreprise dotée de facteurs de production (terre, travail et capital) qui vise à maximiser une fonction d’utilité. La démarche compréhensive des choix de production et d’allocation des ressources postule a

priori une rationalité paysanne à savoir que les agriculteurs, comme tous les agents

économiques, ont un comportement rationnel, qu’il y a cohérence entre les objectifs qu’ils cherchent à atteindre et les moyens mis en œuvre pour atteindre leurs situations. En recherche système, un tel postulat permet de comprendre des processus décisionnels et non de juger le choix de tel ou tel système de production (Brossier et al., 1997).

4.2.3. Limites de l’approche système pour analyser l’articulation entre perspectives marchandes et non marchandes par un producteur

L’approche système postule que le producteur est rationnel et a raison de faire ses choix de production et de répartition des ressources dont il dispose. La critique de l’approche système n’est pas qu’elle étudie le seul sens de rationalité économique. Brossier et son équipe montrent que les décisions de l’exploitant agricole peuvent être guidées par une rationalité qui peut ne pas être économique (recherche de temps libre, de valorisation sociale, …), mais la limite de cette approche est qu’elle gomme les contradictions qu’il peut y avoir entre les différents objectifs poursuivis par l’exploitant agricole. Or, l’analyse, par le dualisme comportemental, des décisions et objectifs poursuivis montre que la rationalité du producteur est écartelée entre plusieurs incitations contradictoires, qui peuvent être marchandes et non marchandes.

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La méthode d’analyse des comportements économiques des agriculteurs pour l’allocation des ressources et la production de biens, qui fait sa particularité est qu’elle est faite suivant, non pas chacune des perspectives marchande et de solidarité, prise individuellement, mais dans une perspective de leur articulation. Cette particularité méthodologique est essentielle pour comprendre la complexité des interrelations et des formes non marchandes au sein des exploitations agricoles familiales. Le comportement économique du producteur tient au fait qu’il est producteur d’un bien marchand et même temps membre d’une communauté avec ses valeurs de solidarité et de perpétuation vis-à-vis des membres du groupe.

Les données quantitatives sont analysées avec des statistiques descriptives: moyennes, écarts types, pourcentages, coefficients de corrélation, tests d’égalité de moyenne (test F), ratios et agrégats alors que les données qualitatives ont été exploitées de manière à caractériser les types de comportements et les stratégies éclatées entre des objectifs contradictoires au sein de ces unités de production agricole familiale.

4.2.4. Echantillon raisonné et choix des exploitations

Dans chaque commune, les exploitations ont été choisies de manière raisonnée avec l’aide des responsables des groupements de producteurs et des encadreurs des Centres communaux de promotion agricole (CeCPA). Le choix raisonné combine trois facteurs : la caractérisation socio-économique, l’accessibilité (l’exploitation ne doit pas être trop éloignée d’un axe routier) et la capacité de l’agriculteur à fournir les informations demandées.

La répartition de l’échantillon est décrite dans le tableau 3. Rapporté au nombre total de producteurs de coton recensés dans les deux départements en 2008 (76.716 producteurs), cela représente un taux de sondage de 0,13%. L’échantillon d’exploitations ne prend pas en compte les producteurs qui sont déjà sortis du système coton durant ces dernières années en abandonnant la production cotonnière. Notre échantillon tient compte seulement des producteurs qui ont maintenu le coton dans leur système de cultures en 2008-2009.

Le choix des exploitations agricoles ayant des différentiels techniques pose des problèmes d’homogénéité pour comparer leur dynamique socio-économique compte tenu des différences structurelles, foncières et productives. Si plusieurs méthodes de typologie existent, elles sont difficilement généralisable voire impossible (Brossier et Petit, 1977). Certaines typologies peuvent présenter des limites à cause de leur méthode de construction (Cavailhès, 1986). Les

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critères ou variables de discrimination économique, structurelle et technique dépendent souvent des objectifs de la recherche, de la ou des théories qu’elles mettent en œuvre (Brossier et Petit, op. cit.). La réalité socio-économique appréhendée par une typologie ne lui est pas réductible, et il ne serait pas possible de construire une typologie sans idées a priori (Brossier et Petit, op. cit.). Certaines typologies prennent en compte les stratégies adoptées par les exploitations mais ne tiennent pas compte des facteurs de structure qui sont cependant nécessaires pour saisir leur évolution (Kadékoy-Tigagué, 2010).

La population d’exploitation agricole enquêtée est très hétérogène en ce qui concerne le fonctionnement, les facteurs structurels, les dotations en ressources, le degré d’insertion au marché, les objectifs et finalités poursuivis. Il est alors indispensable d’élaborer une typologie au préalable afin de classer celles qui sont homogènes entre elles par le degré de spécialisation cotonnière, pour mettre en évidence les facteurs qui favorisent la spécialisation cotonnière et les stratégies développées. Ce qui a nécessité un travail préalable de construction de typologie. Or, on sait d’ores et déjà que le problème de typologie d’exploitations agricoles est complexe, et qu’il a engendré de nombreuses polémiques parmi les économistes ruraux (Cavailhès, 1986). Nous avons, tout comme Djouara et al., (2006) élaboré une typologie pour créer des groupes d’exploitations homogènes présentant des caractéristiques communes du point de vue spécialisation cotonnière (s) mesurée par la part de la superficie cotonnière par rapport à la surface totale cultivée (Tableau 2).

Tableau 2. Critère de typologie des exploitations

Critère Type A Type B Type C

Pourcentage de la

superficie cotonnière par rapport à la superficie totale cultivée

s p 30% 30% ≤sp 60% s ≥ 60%

La répartition des exploitations par classe de spécialisation dans les deux départements du Borgou et de l’Alibori donne les résultats consignés dans le tableau 3 ci après.

Tableau 3. Répartition de l’échantillon par classes de spécialisation cotonnière

Type A Type B Type C Total

Borgou 24 3 0 27

Alibori 12 40 21 73

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Cette typologie tout en analysant les facteurs de spécialisation cotonnière permet de rendre compte des différences observées en termes de production dans les deux départements et dans les choix d’allocation des ressources et de production, lesquels sont faits simultanément avec les projets (objectifs) du groupe familial et l’unité de production comme composantes indissociables du fonctionnement (Brossier et Petit, op. cit.).