La science de l’amour dans les poèmes et dans les contes soufis

Texto

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© Université de Mostaganem, Algérie 2011

La science de l’ amour dans les poèmes

et dans les contes soufis

Dr Nat ália Maria Lopes Nunes Universit é de Lisbonne, Port ugal

Résumé :

Cet art icle est le résult at int roduct oire du t ravail de recherche sur l’ amour divin à part ir de deux grands maît res soufis, Ibn Arabi et Dj alal ad Din Rumi, qui ont développé dans leurs poèmes et cont es ce qu’ on peut appeler la Science de l’ Amour. Rumi, considéré comme l'un des maît res de la "Science de l'Amour", l’ a répandue à t ravers des poèmes myst iques et de la danse des derviches. Ibn Arabi, connu comme le "maît re maximum" du Souf isme a saisi la sagesse sur l'amour dans le Trait é d’ Amour. Les deux amoureux de Dieu, ont exprimé leur sagesse sur l'Amour et la Beaut é du Bien-Aimé, l’ ext ase de l'âme dans l'union ent re l'homme et Dieu.

Mots-clés :

amour divin, soufisme, Ibn Arabi, Rumi, spirit ualit é.

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Le Souf isme, myst ique de l'Islam, s’ est développé depuis le VIIe siècle, mais hist oriquement il apparaît en Irak, au VIIIe siècle, not amment à Bagdad, Bassora. Les premières conf réries apparaissent au XIIe siècle, par exemple, le Mevlevis de Konya, inspirés par Dj alal ad-Din ar-Rumi. Cet t e myst ique se rapport ait (et se rapport e encore) sur les rit uels du Coran, comme par exemple les réunions régulières pour la prat ique de la médit at ion et les cérémonies myst iques not amment la danse. Dans le Souf isme, la poésie est le principal véhicule du mouvement myst ique islamique. A t ravers le langage poét ique le souf i se f usionne dans le langage comme s'il ét ait en f usion avec Dieu.

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laquelle s’ ét ablit la vraie connaissance de l’ ent it é divine. Ibn Arabi, nous donne aussi une déf init ion de Souf isme, ou Tasawwuf : "El suf ismo es la adhesión a las buenas maneras (adab) prescrit as en la Ley revelada, t ant o ext erna (

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ahir), como int ernament e (bat in). Est as buenas maneras son divinas disposiciones (aj laq ilaliyya). Aplícase t ambién el t érmino al cult ivo de los nobles rasgos de caráct er y al abandono de los t riviales"(1).

Les cont es ou anecdot es et la poésie ét aient les genres lit t éraires qui ont mieux développé les prat iques et les enseignement s des souf is. Les cont es, bien qu'ils soient des t rès court s récit s ils ont sous-j acent des vérit és, des connaissances et des moralit és. Les poèmes ont ét é également un véhicule import ant pour la t ransmission de la sagesse souf ie.

Parmi les prat iques de des souf is on dét ache celles qui ont ét é prat iquées par des derviches. Ces myst iques f aisaient des vœux de pauvret é et les rit uels les plus expressif s ét aient (et sont encore) la danse des derviches t ourneurs et l'int onat ion de quelques expressions, des phrases, des chant s sacrés et l’ invocat ion des 99 noms d'Allah. La prat ique de la danse avait une part ie liée au corps et une aut re liée à l'oralit é à t ravers la récit at ion et les chant s. Les deux permet t aient l'accès à la t ranse, à l'ext ase, f avorisant l'absorpt ion de l'âme en Dieu. Dans cet t e ét ape, le souf i voit son propre cœur purif ié, lui permet t ant de voir la f ace du Bien-Aimé, une t héophanie par laquelle le myst ique t rouve le visage de la Beaut é. Selon Leili Anvar : "Le st ade ult ime de la vision consist e à voir Dieu en t out e chose, que t out e chose regardée devienne obj et de cont emplat ion et signe de la présence divine, de son immanence en même t emps que de t ranscendance"(2).

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uniquement lorsque le cœur est pur. Beaut é et Amour sont donc inséparables. Tout ef ois, le vérit able Amoureux et la seule Beaut é qui exist ent sont Dieu.

Dans la myst ique souf ie (surt out celle préconisée par Rumi), la créat ion de l'univers ét ait f ondée sur l'amour. Selon quelques myst iques not amment pour Ibn Arabi il exist e t rois t ypes d'amour : l'amour divin, l’ amour de la créat ure pour son Créat eur ; l’ Amour Spirit uel, où l'Amoureux et le Bien-Aimé sont un seul ; et l'Amour Nat urel, celui qui vise à sat isf aire les désirs. Cependant , le vérit able amour est celui qui ne meurt j amais, même dans les pires adversit és. En d'aut res t ermes, on dira que le Souf isme est le chemin de l'amour ou du cœur. Amour, Beaut é et Harmonie sont des mot s-clef s dans le Souf isme. En out re, les poèmes souf is peuvent êt re considérés comme des hymnes dédiés à la Bien-Aimée t ranscendant ale, dont la rose est la f leur élue pour exprimer la Beaut é de la Bien-Aimée ou de Dieu. Selon Rumi(3):

Él es la rosa, el prado, el j ardín y la f uent e. No hay ningún ot ro que El en el j ardín del mundo.

À propos de l'Amour et du rapport avec le Bien-Aimé, il y en a deux grands myst iques qui ont développé cet t e t hémat ique dans leurs œuvres. Au XIIIe siècle, sont apparus deux grands suf is: un d’ eux en Orient , en Perse - Dj alal ad-Din ar-Rumi (1207-1273) ; l'aut re en Occident , dans al-Andalus, à Murcie - Ibn Arabi (1165-1240). Grâce à leurs poèmes et à cert ains cont es de la sagesse souf ie, il est possible d'ét ablir une "Science de l'Amour", où la connaissance se lie au corps et à la religion et dont l'Amour est la "science" qui f ait t ourner le monde.

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maît res de la "Science de l'Amour", l’ a dif f usée à t ravers des poèmes et des cont es myst iques et par la danse. Ibn Arabi, connu connu comme le "maît re maximum", a saisi la sagesse sur l'Amour dans son Trait é d’ Amour.

Dj alal ad-Din ar-Rumi, connu aussi par Mevlana, f ut un grand myst ique de l'Islam. Il a vécu au XIIIe siècle, en Asie Mineure (à Konya, en l’ act uelle Turquie) et sa nat ure myst ique se t rouve essent iellement dans les odes ou "rubayat " et dans la danse des derviches. Selon Rumi dans l'un de ses poèmes(4):

Cuando brilla el Sol del espírit u, Los suf íes danzan como part ículas. Dicen que Sema es un j uego del diablo. Sí, un diablo t an agradable

que da vida al alma.

L'import ance de la poésie pour ce souf i est évident e dans un de ses poèmes où il éloge la plénit ude de l'amour et le désir d'apprendre des chansons, des poèmes et des "rubayat s"(5):

Mi corazón est á t an lleno de t u amor, que ha desaparecido t odo lo demás. Haz que olvide los libros, la ciencia y moderación.

y la moderación.

Enséñame sólo canciones, poemas y Rubayat s.

À t ravers les chansons, les poèmes et la danse, les myst iques souf is at t eignaient l’ Ext ase Divin, la prof onde int imit é avec Dieu, celle qui libère l'homme de t ous les obst acles qui pourraient empêcher le Bien-Aimé (suf ) d’ at t eindre Dieu. En conséquence, les chansons, la poésie et la danse sont une sort e de st rat égie spirit uelle af in d'about ir le plan divin :

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propiciar los est ados int eriores de encuent ro o unión con la Divinidad. No en vano, la música - y la poesía - se ha siempre como un pot ent e evocador de emociones, y la emoción - del lat ín emot io - signif ica (mover) en nuest ro caso, (mover) hacia la Divinidad"(6).

Les cont es de la sagesse souf ie t émoignent également l'import ance de la musique et de la danse myst ique des derviches. Tout ef ois, ces chansons, poèmes et danses myst iques n'ont pas t ouj ours ét é bien accept és dans les communaut és, comme le conf irment cert ains récit s :

"Se cuent a t ambién que el cadí Izzuddin se oponía a la danza y a la música, que inducen sent imient os míst icos en el hombre. Ciert o día, Maulana, inspirado prof undament e por el éxt asis espirit ual, salió de la madraza en el moment o culminant e de la música míst ica. Se acercó al cadí y le grit o y le pidió que acudiera a la reunión en la que est aba alabando a Dios (…). Y el cadí se rasgo las vest iduras den éxt asis y se ent rego como los demás al cant o míst ico, y bailó dando vuelt as y grit o lleno de emoción; y acabó por convert irse en uno de los mej ores discípulos de Maulana"(7).

Dans un aut re cont e, "La Cort esía", on f ait également réf érence à des accusat ions qui ont ét é f ait es sur les rit uels myst iques développés par Rumi et ses adept es : "La gent e solía acusar a Maulana de haberse desviado del Camino Rect o en sus práct icas míst icas, y muchos plant eaban graves obj eciones a las represent aciones, a las canciones y a la música que se int erpret aba en sus reuniones"(8).

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aut res. Tout ef ois, ses réponses démont rent la grande sagesse et donc le niveau de connaissance de ce souf i : "Maulana pidió que le t raj eran pluma y t int ero, y escribió las respuest as a cada una de las pregunt as, con t ant a prof undidad y ext ensión de conocimient os, dando t odas las ref erencias necesarias, que cuando los que esperaban sus respuest as recibieron el document o que las cont enía, se quedaron asombrados de su perf ección y quedaron humillados por complet o"(9).

Au cours de cet événement , Maulana at t irait largement l’ at t ent ion sur les caract érist iques de la "rubab", révélant l'import ance de cet inst rument musical sur la concent rat ion des souf is, c'ét ait un inst rument f ondament al pour aider les "amoureux" de la piét é pour lesquels la musique cont ribuait à une ambiance ésot érique : "Y escribió al dorso de su larga respuest a una alabanza del rubab, como inst rument o cuyo sonido y cuya música f avorecía el ambient e esot érico, añadiendo que si lo hacía t ocar era para ayudar a sus amigos míst icos en el plano de la concent ración; y dij o que se había dedicado a su vida de maest ro para ayudar a su gent e, y no por ningún ot ro mot ivo, pues ayudar a los demás era la t area de los verdaderos "amant es de la piedad". Y recit ó unos versos que dicen(10):

Sabes lo que cant a el rubab?

Derrama lágrimas con el corazón palpit ant e!".

Après les mot s du souf i, on lui a demandé le pardon et on a vérif ié la grandeur de son âme et de sa sagesse. D'aut re part , l'audience de chant s myst iques et la danse ét aient les moyens ut ilisés par les souf is pour at t eindre l'ext ase. En même t emps, ces rit uels ét aient une manière de connaît re en Dieu une incarnat ion de l’ Amour. Grâce à la musique et à la danse, le myst ique "se t rouvait " avec le Bien-Aimé (Dieu) ou, en d'aut res t ermes, avec la Lumière, la Beaut é, la Vie et la Réalit é.

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cherche à communiquer personnellement avec Dieu, exerçant en même t emps, une médit at ion sur le Coran et les noms de Dieu. Selon les verset s de Rumi, c'est un secret caché(11):

En las cadencias de la música hay un secret o escondido, si t e lo revelara, conmovería al mundo.

En conclusion, pour Rumi, les vérit ables amoureux ét aient les amoureux de la danse et de la musique. Au-delàs de la t hémat ique liée à la quest ion de l'Unit é, le t hème principal de ce souf i est l'amour, parce que la demande de l'Unit é et l'union avec le Bien-Aimé passent par le sent iment de l'amour. Comme l'indique Faust ino Teixeira dans une int erview à propos de la poésie de Rumi :

"O amor é a "doce loucura" que cura t odas as enf ermidades. É o amor que j ust if ica o coração, e nele despert a o "perf ume do Sedut or". O coração habit uado pelo amor é capaz de reconhecer a beleza da diversidade, j á que se t orna capaz de acolher inúmeras f ormas. O coração purif icado capt a a dinâmica da generosidade divina, o abraço universal do Amado"(12).

Le rapport avec le Bien-Aimé et la connexion au coeur suppose "un amour ivre", enf lammé, qui brule et qui incit e l'amant à se donner complèt ement au Bien-Aimé. Dans son grand oeuvre int it ulée Mat hnawi, le myst ique f ait réf érence à cet amour qui brûle t out , à l'except ion du Bien-Aimé(13): O amor é a chave, que quando se incendeia,

Queima t udo, excet o o Et erno Amado.

Ele usa a espada do "não deus" para t udo eliminar, a não ser Deus.

Olha cuidadosament e: após o "não deus", o que rest a? Permanece o "porém Deus"; o rest o se f oi.

Bravo, Ó grande Amor, incinerador de ídolos.

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le souf i Ibn Arabi (XII-XIIIe siècles), une des œuvres qui ref lèt ent le mieux les t héories sur l'amour est le Trait é d’ Amour, écrit au XIIIe siècle, vers 1203-1240. Dans ce t ext e, l'aut eur désigne essent iellement les dif f érent s t ypes d'amour : spirit uel, nat urel et physique, en décrivant aussi les ét at s et les qualit és des vrais amoureux. Dans un des ext rait s, quelques verset s d'amour se ressemblent aux chansons d'amour des t roubadours galaico-port ugais - l'amant loint ain évent uellement cont emple celle qui le laisse en veille permanent e et dont le regard est un act e pert inent pour f aire naît re des sensat ions et des émot ions(14): Mon essence après elle se prend à soupirer

Et cependant mon œil ne l'a pas regardée, Car s'il l'avait perçue, il serait devenu La vict ime immolée de cet t e belle houri. Mais au premier moment où j e la cont emplai Je f us t out subj ugué sous le coup du regard Je dépensai ma nuit sous l'ef f et de son charme, Tout éperdu d'amour j usqu'au mat in...

O mon Dieu ! Quelle est cet t e âme qui f it ma conquêt e ? C'est une beaut é pénét rée de pudeur,

O parf ait e splendeur de gracieuse gazelle ! ... O t oi, ast re lunaire, dans la prof onde nuit , Viens donc et appréhende mon êt re t out ent ier !

Selon l'aut eur, l'amour implique des ét at s qui af f ect ent les amoureux : "Le désir ardent d'amour (shwq), la dominat ion amoureuse (gharâm), éperdu (hiyâm), la peine d'amour (kalaf ), les pleurs (bakâ), la t rist esse (huzn), la blessure d'amour (kabd) la consommat ion (dhubûl), la langueur (inkisâr) et d'aut res ét at s semblables propres aux amant s qui les décrivent dans leurs vers et que j 'exposerai en dét ail s'il plaît à Dieu"(15).

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Ibn Arabi soulignent cet t e idéologie amoureuse et la f usion spirit uelle en rapport avec la soumission au Bien-Aimé(16): L'amant passionné, possédé par l'amour,

Est t ouj ours à se plaindre D'êt re séparé de l'aimé Ou d'êt re éloigné de lui. Loin de moi cet ét at ! Car dans l'imaginat ion Le bien-aimé demeure Touj ours en ma présence. De moi il procède,

Il me compénèt re, Et rest e en moi int imit é. Pourquoi alors dirais-j e :

Que m'arrive-t -il ? Que m'arrive-t -il ?

Bien que dans la myst ique souf ie l'êt re aimé soit Dieu, l'idéologie est la même de l'amour humain: "l'amant demeure sous l'aut orit é de son aimé et perd son aut onomie. Il rest e t ribut aire des largesses et des ordres du Souverain maît re de l'amour qui s'est emparé de son cœur"(17).

Le "Trait é d’ Amour" présent e encore les dif f érent es manif est at ions de l'amour :

Le regret (asaf ), la nost algie (walah), l'ét onnement (baht ), la st upéf act ion (dahash), la perplexit é (hayra), la j alousie (ghyra), le mut isme (kharas), la maladie (saqâm), l'émoi (qalaq), l'immobilit é (j umûd), les pleurs (bakâ), la peine (t abrîh), l'insomnie (suhâd), et t out es celles que les amant s ont chant és dans leurs poèmes(18).

Ibn Arabi souligne aussi les règles essent ielles relat ives à l'amour(19):

L'êt re occis, démuni de raison,

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mobile comme l'oiseau, t ouj ours en veille,

dissimulant son af f lict ion,

aspirant à se dégager de ce bas monde pour rencont rer son Bien-Aimé,...

soupirant vers Lui abondamment ,

t rouvant le repos dans le propos et le souvenir de son Bien-Aimé par la récit at ion de Sa Parole,...

le cœur t out éperdu d’ amour,

préf érant le Bien-Aimé à t out e aut re compagnie,

s'ef f açant sous l'ef f et d'une af f irmat ion (de son Bien-Aimé), se résignant parce que son Bien-Aimé le veut ainsi,

se compénét rant des at t ribut s de l'Aimé,... j aloux de lui-même pour son Bien-Aimé,

sous la suj ét ion de son amour à la mesure de son int elligence, semblable à l'animal démuni de raison qui est innocent é des blessures qu'il port e,...

esclave dans la f amiliarit é de celui qui l'asservit ,... il est réj oui et t rist e à la f oi, qualif ié par les cont raires.

Dans l'amour souf i il exist e également le désir bien qu'il soit d'un aut re t ype: le désir pur est considéré comme une at t ract ion divine à t ravers laquelle l'homme peut envisager le Beau (selon la t héorie de l'amour plat onique dans "Le Banquet " de Plat on).

Le myt he préislamique qui ref lèt e mieux ces sent iment s est présent dans le désir et dans l'amour de Madj un par Laila, conduisant à la f usion de deux âmes à un ét at supérieur. L'ext ase visuelle, la cont emplat ion de la beaut é sont les obj ect if s primordiaux de cet amour :

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Car le but de l'amour court ois est un accomplissement du Moi dans l'amour, alors que celui de l'amour souf i vise la dissolut ion du Moi dans ce même amour. Les deux se gagnent également avec beaucoup d'ef f ort s(20).

Selon Ibn Arabi (dans son œuvre "

uhf at al-Saf rah Ila

adrat al Bararah" La j oya del viaj e a la presencia de los Sant os) à propos de l'union myst ique il y en a deux t ypes d'union : l'union où le servit eur (amant ) découvre la beaut é du Vrai et rest e ext asié en Lui ; et l'union où on se dét ache de nous-mêmes pour rest er en f ace de Dieu pour que lui soit comme Lui(21). Pour ce souf i, la seule essence est l'unit é de l'amour(22):

Tal es la sit uación si bien lo ent iendes: Si eres Él, ent onces eres t ú…

Pues sólo a sí mismo el amant e ama, ya que t odo eres Tú, t odo eres Tú.

En conclusion, c'est Ibn Arabi qui a ét abli la synt hèse du myst icisme islamique à t ravers son caract ère œcuménique qu'on t rouve essent iellement dans le poème la "Religion de l'Amour", avec un ext rait duquel on t ermine cet art icle(23):

Mon cœur est devenu capable D'accueillir t out e f orme. Il est pât urage pour gazelles Et abbaye pour moines ! Il est un t emple pour idoles

Et la Kaâba pour qui en f ait le t our, Il est les Tables de la Thora

Et aussi les f euillet s du Coran ! La religion que j e prof esse Est celle de l'Amour.

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Notes :

1 - Ibn Arabi: al- Shaykh al-Akbar Muyiddin Ibn Arabi : Muyam, int rod. y ed. de Bassam Abd al-Wahhab al-Yabi, Dar al-Imam Muslim, Beirut 1990.

2 - Leili Anvar : "Si vos oreilles deviennent des yeux - la vision myst ique en islam", in Religion & Hist oire, nº 26, mai-j uin, 2009, p. 51.

3 - Hossein M. Elahi Ghomshei: "La Met af ísica y la Est ét ica en el Suf ismo", in ht t p:/ / www.webislam.com/ idt =11839 (2009).

4 - Rumi: Locos de Amor, Madrid, Las 4 Fuent es Edit orial, 1997, p. 73. 5 - Ibid, p. 87.

6 - Grian et Eduardo Paniagua: Rumi et Ibn Arabí - Orient e et Occident e Siglo XIII, col. "Poesía y Música 1 - La Ciencia del Amor" (cont iene CD), Córdova, Pneuma - Almuzara, 2005, p. 17.

7 - Idries Sham (t rad.): "La Danza Míst ica", in Los Cien Cuent os de la Sabiduría Suf í, 2ª ed., Madrid, Arca de Sabiduría, 2006, p. 54.

8 - Idem, "La Cort esía", p. 118. 9 - Idem, "Lo Visible", p. 141.

10 - Idem, "Lo Visible y lo Ocult o", p. 141.

11 - Rumi, in G. Grian et Eduardo Paniagua, op. cit ., p. 7.

12 - "Rûmi é o Poet a da Dança e da Unidade", Ent revist a a Faust ino Teixeira, in Revist a do Inst it ut o Humanit as Unisinos, Edição 221 de 2007, S. Leopoldo. 13 - Cf . Rumi: Mat hnawi, V 586-590, in "Rûmi no Cont ext o da Míst ica e da Tradição Islâmica", Ent revist a a William Chit t ick, op. cit ., p. 26.

14 - Ibn Arabi : Trait é de l’ Amour, int rod. t rad. et not es par Maurice Glot on, col. "Spirit ualit és Vivant es", Paris, Albin Michel 1986, pp. 45 - 46.

15 - Idem, p. 125. 16 - Idem, p. 131. 17 - Idem, p. 132. 18 - Idem, p. 150. 19 - Idem, pp. 177 - 179.

20 - Sandrine Alexie (j uillet 2001) : "Amour Court ois vs Amour Souf i".

21 - Cf . Ibn Arabi: La j oya del viaj e a la presencia de los Sant os, int rod. y t rad. de Mahomed Reda, col. Ibn al Arabi, Murcia, Edit ora Regional de Murcia, 1990. 22 - Pablo Beneit o (t rad. ed. y not as): El lenguaj e de las alusiones: amor, compasión y belleza en el suf ismo de Ibn Arabi, col. "Ibn al Arabi, 8", Murcia, Edit ora Regional de Murcia, 2005, p. 158 - 159.

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© Université de Mostaganem, Algérie 2011

Pour citer l'article :

 Dr Nat ália Maria Lopes Nunes : La science de l’ amour dans les poèmes et dans les cont es souf is, Revue Annales du pat rimoine, Universit é de Most aganem, N° 11, 2011, pp. 63 - 74.

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Referências