CAPÍTULO TRÊS A ESCOLA, SEUS MUNDOS E SUAS PRÁTICAS Então nós temos muitos problemas, mas quando eu vejo outros problemas, outras
3.3 AVANÇOS E RECUOS SOBRE PALAVRAS E IMAGENS
XVI
esiècle
pierre calcaire polychrome H. 140 cm ; L. 56 cm ; P. 40 cmClassé au titre des monuments historiques (4 avril 1966)
Restauré en 2006 par Anne Courcelle nettoyage, reconstitution, retouches Budget : 5 000 €
L
a Vierge est représentée débout, légè-rement déhanchée, portant l’Enfant Jésus sur son bras droit. Elle tient une grappe de raisin dans sa main gauche, évoquant le vin de l’Eucha- ristie, symbole du sang du Christ. Elle porte une couronne et sa chevelure ondulée tombe sur ses épaules. Ce choix de représentation est courant dans la région à l’époque. La Vierge aux raisins de Vierge aux raisins.
Eglise Saint-André de Saint-André-les-Vergers (Aube) © P. Stritt
aube saint-andrÉ-les-Vergers eglise saint-andré
Il faut imaginer qu’à l’origine cette sculpture était chamarrée. Le manteau de la Vierge était rouge, orné d’un motif or à l’extérieur et vert à l’intérieur. Sa robe était vraisemblablement rouge, et un glacis la recouvrait. La bordure et l’encolure étaient dorées. Sa chemise était blanche, ses sou- liers, rouges, sa couronne et ses cheveux dorés. La tunique de l’Enfant Jésus était rouge sur l’envers et doré sur l’endroit avec un motif de couleur laque de garance. Les carnations des deux personnages étaient rosées et la terrasse verte. La tonalité de la couche picturale la plus récente (le badigeon grisâtre) est donc bien différente de la polychromie originale.
l’église Saint-Urbain à Troyes, ou celle de Romilly- sur-Seine en constituent d’autres exemples. La pierre présentait un certain nombre d’altérations. Des éclats anciens étaient visibles à l’extrémité des plis de la robe de la Vierge, sur le bord gauche du manteau et sur sa chaussure gauche. Tous les fleurons de la couronne avaient disparu, seul le départ de l’un d’eux subsistait. Un manque important dans un pli du manteau avait été recon- stitué. Un trou d’environ 20 cm de profondeur situé sur la face de la console avait été bouché au plâtre. La reconstitution en plâtre du pli du manteau se fissurait et bougeait légèrement. Quelques soulève- ments étaient observables sur la chevelure des deux personnages, sur la terrasse, et dans les creux les plus profonds du manteau. La surface, en plus d’être très empoussiérée, était tachée de peinture blanche. L’œuvre a été dépoussiérée et nettoyée, ce qui a permis d’éliminer la crasse et la majorité des traces de badigeon gris qui voilaient la couleur. Les pro- jections et les coulures de peinture blanche qui per- turbaient la lecture de l’œuvre ont été éliminées. La fissure de la reconstitution en plâtre du pli du manteau a été bouchée. Des retouches à l’aquarelle ont été réalisées sur ce bouchage et sur l’ensemble de la sculpture visant à atténuer l’aspect hétérogène de la surface et restituant la lisibilité des volumes. Enfin, le trou sur la face de la console a été bouché. La partie centrale du dos de la Vierge est simple- ment épannelée. Ceci indique de toute évidence que cette sculpture a été créée pour être présentée contre un mur. Des traces d’outils sont visibles sur les côtés du manteau.
Par le passé, la sculpture a subi un vigoureux grat- tage destiné à faire réapparaître les couches colorées sous-jacentes. A cause de cette opération grossière, les différentes strates de la polychromie se sont mélangées. Malgré tout, les informations suivantes ont pu être dégagées : lors de la toute première intervention picturale, un bouche-pores ocre a été appliqué sur la surface, excepté au revers.
La surface a été repeinte au moins trois fois : on dis- tingue principalement deux couches polychromes et un badigeon uniforme de couleur grise.
aube
saint-parres-les-Vaudes
eglise saint-parres
Saint-Michel
terrassant le dragon
sculptureXVI
esiècle
bois polychrome H. 192 cm ; L. 120 cm ; P. 41 cmClassé au titre des monuments historiques (18 février 1960)
Restauré en 2008 par Laurence Chicoineau traitement du bois et de la polychromie, amélioration du socle existant Budget : 4 915 €
S
aint Michel est l’archange, le princede la milice céleste. D’après l’Apoca- lypse, il aurait vaincu le dragon sym- bolisant Satan.
Saint-Michel est ici représenté en combattant, il brandit son épée de la main droite. Son équipement est constitué de jambières et d’une cotte de maille, il porte une cuirasse. Il a également une braconnière Saint-Michel terrassant le dragon.
Eglise Saint-Parres de Saint-Parres-les-Vaudes (Aube) © P. Stritt
aube saint-parres-les-Vaudes eglise saint-parres
et waplanis, puis elle a été nettoyée. Les retouches grossières ont ensuite été dégagées et les petites la- cunes ont été retouchées. L’ensemble de la sculpture a ensuite été recouvert d’une couche de protection de surface mate.
La dernière étape a consisté à améliorer le soclage de l’œuvre. Les barres métalliques scellées au mur et servant de contrefort sous la base ont été con- servées. Une planche en chêne recouvre désormais le socle et camoufle la base de la statue.
Les repeints reprenaient les tons de la polychromie d’origine : le drapé était rouge sur l’endroit, bleu- vert sur l’envers, la tunique ocre (peut-être dorée à l’origine). Le dragon était peint en vert, brun ocré et brun teinté de rouge. La dorure d’origine est encore visible sur la couronne du saint et sur sa cotte de maille.
Avec le nettoyage et les retouches d’harmonisation, l’œuvre a retrouvé de l’éclat. Il s’agissait aussi de la mettre en sécurité en éradiquant l’invasion d’insectes xylophages et en consolidant le bois. sur laquelle sont accrochées des tassettes en forme
d’ailes de dragon. Un manteau agrafé sur sa poitrine repose sur ses épaules. Seule sa tête est découverte ; il est couronné et sa chevelure est longue et on- dulée. Le dragon paraît féroce, sa gueule béante laisse voir des dents acérées. Cornu, il prend un aspect diabolique, serrant une fourche dans la main droite. Il est couché sur le dos, agrippe le bâton de Saint-Michel et se cramponne à son genou avec sa patte arrière gauche. On peut noter que les genoux arrière du monstre présentent des têtes zoomorphes qui semblent lui dévorer les pattes.
L’œuvre est taillée dans un bois encore non iden- tifié. Il s’agit peut-être de noyer. Le bras droit, la main gauche, la lance et les ailes du saint ont été sculptés à part et rapportés.
Des insectes xylophages étaient encore en pleine activité au moment où l’œuvre a été prise en charge. Le bois était donc très endommagé. Lors des anciennes restaurations, les parties lacunaires ou vermoulues avaient été complétées par des mod- elages en plâtre peint. D’autres zones avaient été restaurées et recolorées grossièrement. Des fentes étaient visibles sur la base et sur la partie supérieure gauche du buste. Les ailes avaient été refaites lors de la restauration précédente. Certains éléments étaient instables ou fragiles notamment le poignet de la main droite et le bâton. Par ailleurs, la statue était posée sans fixation sur deux barres métalliques scellées dans le mur, en appui sur un socle en pierre dont la profondeur était largement insuffisante par rapport à l’envergure de la sculpture.
La polychromie était très empoussiérée et encras- sée dans les creux des volumes. Les lacunes et les soulèvements étaient nombreux, laissant voir à cer- tains endroits la couche de préparation blanche. Des bouchages au plâtre et des retouches étaient disséminés sur les drapés, la couronne, le dragon et la base.
Un traitement de désinsectisation curatif par an- oxie a été pratiqué sur le bois. Avant l’application du traitement préventif la surface a été dépoussiérée. Le bois a ensuite été consolidé et quelques restitu- tions ponctuelles de volumes ont été exécutées. Les écaillages de la couche picturale ont été refixés
aube
saint-phal
Église saint-phal
Education
de la Vierge
sculpture1
èremoitié du XVI
esiècle
pierre calcaire polychromeH. 90 cm ; L. 38 cm ; P. 28 cm
Classé au titre des monuments historiques (27 décembre 1913)
Restauré en 2010 par Solène Chatain
dérestauration et restitutions, nettoyage et refixage de la polychromie
Budget : 7 388 €
L
es deux figures se tiennent deboutl’une à côté de l’autre, Sainte-Anne posant une main dans le dos de sa fille. La Vierge tient un livre dans sa main gauche et un stylet dans sa main droite tandis que Sainte-Anne surveille ses écritures. Cette dernière porte une ample robe cintrée à la taille par une cordelette tressée. Son manteau, bordé d’un décor de brocart, est retenu sur sa poitrine par un fermoir à motif floral ; l’un des pans, retombant sur son avant-bras gauche, offre un drapé complexe et subtil. Deux voiles recouvrent sa tête, l’un est assez court et ne couvre que ses cheveux, l’autre est Education de la Vierge.
Église Saint-Phal de Saint-Phal (Aube) © P. Stritt
aube
L’œuvre a été sculptée en taille directe. Des traces de gradines et de râpes utilisées pour les finitions peuvent être observées.
L’étude stratigraphique au microscope a permis de mieux comprendre la polychromie originale, ne subsistant aujourd’hui qu’à l’état de traces. Les couches de bouche-pores sont également visibles, sauf sur les carnations, qui avaient été polies. La robe de la Vierge était rouge à rehauts bleu clair. Le surcot porte un décor de brocart très altéré dont le motif et les couleurs n’ont pu être déterminés. Seules les traces d’un bleu foncé et de feuilles d’or subsistent ponctuellement. Les plis de sa chemise sont de couleur vert foncé et ses cheveux portent des traces d’un brun foncé qui pourrait correspondre à des résidus d’une préparation pour dorure à la feuille. Les voiles de Sainte-Anne ne conservent que peu de traces de polychromie excepté un liseré doré en bordures. Sa robe et son manteau, comme le surcot de la Vierge, présentent un décor de brocarts appliqués où subsistent par endroits des traces de cire. Enfin, sa ceinture est de couleur vert foncé avec des traces rouges dans le creux des volumes. Le dégagement des anciennes restitutions de plâtre ont prévenu les risques éventuels d’altération de la pierre. Le soulèvement des restes polychro- miques a été stoppé. Enfin, la lisibilité de l’œuvre est assurée par de nouvelles restitutions pleinement intégrées au moyen d’une patine, redonnant ainsi aux volumes toute leur noblesse.
plus long et lui tombe sur les épaules, retenu sous le fermoir de son manteau. On observe ici toute l’habileté du sculpteur qui parvient à faire ressentir tantôt le poids, tantôt la légèreté des étoffes. Le costume de la Vierge est tout aussi travaillé. Elle est vêtue d’une chemise à bouillonnés par-des- sus laquelle se superposent une robe et un surcot à manches courtes et frangées, fendu sur les côtés et cintré à la taille par une étoffe nouée. Sur sa tête, elle porte une petite coiffe. Sa chevelure ondulée, tirée vers l’arrière, retombe sur ses épaules et lui descend le long du dos.
L’analyse de l’état du support révélait des manques non restitués comme l’index de la main gauche de Sainte-Anne, l’extrémité de son voile ou encore certaines parties au revers de la base. On remarquait également de nombreuses épaufrures sur les bordures des vêtements ainsi que des rayures et des griffures. La surface, quant à elle, présentait un empoussièrement important. La polychromie était soulevée et très lacunaires et la présence de repeints localisés perturbait parfois la lisibilité des couches résiduelles.
Lors des précédentes restaurations, de nombreux bouchages et cassures avaient été restitués en plâtre : la tête de Sainte-Anne, le voile, les bordures sur la manche senestre du manteau. Indépendamment de l’aspect inesthétique des restitutions, le plâtre peut se révéler néfaste pour la pierre lorsqu’il se trouve en milieu humide. Il favorise le développement des sels solubles et offre aussi un terrain favorable à l’implantation des moisissures et algues vertes, dont les murs environnants présentaient des traces. Les comblements rapportés et maintenus par les goujons métalliques oxydés ainsi que les éléments reconstitués de la Sainte-Anne ont été dégagés. Les goujons oxydés ont été éliminés pour éviter une éventuelle altération de la pierre. La partie recollée de la robe de la Vierge a été refixée correctement, ce qui a permis de retrouver l’emplacement et l’aligne- ment original du fragment. La tête de Sainte-Anne a été remontée et le moyen de fixation amélioré. Enfin, les lacunes importantes de la pierre au niveau de la tête et du cou de la sainte ont été comblées. La surface de l’œuvre a été dépoussiérée, nettoyée. Les restes de polychromie ont ensuite été refixés. Les éléments reconstitués ont été retouchés et une patine d’harmonisation a été effectuée sur la pierre.
saint-phal eglise saint-phal
aube