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CAPÍTULO QUATRO TECNOLOGIAS: DO TANGÍVEL AO SENSÍVEL

4.2 FORMAS DE OLHAR E FORMA DE REFLETIR SOBRE AS TIC

La Cène

 peinture

1

er

quart du XVI

e

siècle

support : bois chêne et peinture à l’huile Cadre : bois taillé et gravé

dimensions avec les deux encadrements et la prédelle :

h. 154 cm ; l. 238 cm ; P. 32 cm

Chœur

Classé au titre des monuments historiques (15 septembre 1894)

Restauré en 2003 par Thierry Palanque et Françoise Auger-Feige (LP3 Conservation) Etude préalable de l’œuvre et traitement préventif Budget : 35 282 €

L

’œuvre est une huile sur bois avec un

encadrement sculpté et polychrome représentant la Cène d’après Léonard de Vinci (conservée dans l’église Santa Maria delle Grazie à Milan). Elle aurait été commandée, en 1521, par Guillaume Parvi, chapelain de Louis XII puis de François Ier et évêque de Troyes entre 1518 et 1527.

Elle est datée de 1522 et attribuée à Grégoire Guérard par Cécile Scailliérez.

Ce tableau présente d’abord un plat sculpté poly- chrome assez remarquable, animé de grotesques, de médaillons et entouré d’une doucine : dans sa partie inférieure sont figurés des portraits, des sirènes, et des coupes à godrons desquelles s’échappent des guirlandes végétales. Sur la partie supérieure sont également sculptés des portraits, des rinceaux, des coupes mais aussi des griffons. La partie latérale gauche présente oiseaux, putti, coupes, rinceaux ; la partie droite est ornée de coupes, de rinceaux et de feuilles d’acanthe.

aube troyes  Cathédrale saint-pierre-saint-paul

Avant toute intervention, un étayage du bois a été réalisé sous l’autel, pour le stabiliser. La sur- face a également été protégée, en particulier les zones présentant d’importants soulèvements. Après démontage des points de fixation, l’œuvre a été déplacée sur l’avant de la table d’autel et sécurisée par des sangles. Un nettoyage complet du revers a été effectué. Un traitement préventif par badigeons a été réalisé. A la suite de ces interventions ponc- tuelles et de cette étude préalable, le panneau a été remis en place et fixé aux scellements supérieurs. L’étude a permis une meilleure connaissance technique de l’œuvre. Le support est composé de huit planches verticales en chêne assemblées à joints vifs. Des traces de fixation sont présentes sur les côtés, ce qui laisse supposer que le panneau était en fait la partie centrale d’un polyptyque. Au dos, des traverses trapézoïdales sont incrustées per- pendiculairement au fil des planches. Ce procédé est caractéristique du début du XVIe siècle et permet

de renforcer la solidité des cadres. Le panneau est maintenu dans un ensemble composé de deux corps d’encadrement disposé sur une prédelle et culmine à une hauteur de 320 cm. Le premier cadre, qui semble contemporain de l’œuvre, est composé de deux montants et de deux traverses assemblés par tenons et mortaises. Le plat sculpté a récemment vu son décor peint en gris sur fond bleu. Des élé- ments de polychromie ancienne sont visibles sous les repeints bleus et blancs. En effet, lors des tests de dégagement, une dorure à la feuille a été mise au jour. Le second encadrement à rang de perles et feuillages est assemblé par deux équerres en fer forgé. Il est polychrome lui aussi, tout comme la prédelle.

La couche picturale et les soulèvements refixés sont maintenant protégés par l’étayage du bois de la structure. Les planches qui constituent le panneau, étant en bon état de conservation, ont pu bénéficier d’un traitement préventif.

Le tableau, quant à lui, est organisé selon une com- position orthogonale, en frise et quadripartite. Trois piles séparent la pièce en quatre travées reliées par une guirlande végétale accrochée régulièrement au- dessus de chaque blason figuré en haut d’une pile. Le Christ prend place au centre, entouré des douze apôtres. Selon l’identification des personnages don- née pour la Cène de Léonard de Vinci, de gauche à droite sont figurés Barthélémy, Jacques le Mi- neur, André, Judas, Pierre, Jean, Jésus, Thomas, Jacques le Majeur, Philippe, Matthieu, Thaddée et Simon. Ici, tous les personnages sont auréolés sauf Judas. Chaque groupe de trois personnages intègre l’espace d’une travée. La table repose sur quatre jeux de quatre pieds et le visage du Christ constitue le centre orthogonal du tableau. L’effet de perspective se crée au sol avec les pavements mais aussi avec le rétrécissement progressif des colonnes. A l’arrière, l’espace est ouvert par des fenêtres don- nant sur un paysage de campagne. Deux oculi sont également percés au-dessus des baies.

Malgré une composition très géométrique, les mou- vements dissymétriques des personnages donnent de la vivacité à la scène.

Les planches étaient en bon état de conserva- tion. On remarquait l’ouverture du premier joint à senestre lié vraisemblablement à la fixation des deux traverses au dos. L’arrière du panneau était très empoussiéré : les traverses et la prédelle étaient couvertes de petits gravats.

La couche picturale était bien plus fine que sa couche de préparation blanche. Les coups de pinceaux et de légers empâtements dans la mise en lumière restaient cependant visibles. L’ensemble était recouvert d’un vernis de restauration et deux inscriptions étaient visibles dans les parties supéri- eures ainsi que trois blasons portés par des putti. La couche picturale, très souvent restaurée, était en mauvais état et marquée par la présence d’un réseau de craquelures dû, soit à un problème de structure, soit aux variations climatiques. De nombreuses retouches de tailles moyenne et importante étaient dispersées sur toute la surface. Certaines d’entre elles présentaient de « fausses » craquelures, d’autres étaient posées sur des mastics à l’aspect cireux, beaucoup étaient débordantes et n’étaient pas dans le plan du panneau.

aube

troyes