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ENUMERATION OES CHANGES

No documento CARNEGIE INSTITUTE OF TECHNOLOGY (páginas 67-73)

i CALCUL DES PROBABILITES.

On

jette deux des; les six points du premier, en s'associantaux

six du second, peuvent former trente-six combinaisons : la pro-babilite d'amener une d'entre elles, double deux par exemple,

est3-L.

La probabilite d'amener3 et4 est

^

: chacun des des pouvant

donner 3 lorsque Pautre donne 4? ^

J

a deux combinaisons favo-rabies 3 et 4? 4 et 3; on leur

donne

le

meme nom,

3 et 4? mais

elles sont reellement distinctes.

La

probabilite

d'un evenement

est lerapport

du nombre

des cas

favor

ables

au nombre

total des caspossibles.

Une

condition ebtsous-entendue : tonsles cas doivent etre egalement possibles.

La

definition, sans cetterestriction, n'auraitaucun sens,llpeutse

faire que

Tevenement

arrive,il se pent aussi qu'il n'arrive pas; ce sont deux cas

possibles, un seul est favorable. Tonte probabilite serail done . L'erreurestgrossiere. D'Alembert a eleve J'objec-lion etrefuse de passeroutre.

Avant

de compler les chances? il faut constaler qu'elles ont

meme

vraisemblance.

2. Trois coffrets sont d'apparence idenlique.

Chacun

a deux

liroirs, chaque tiroir renferme une medaille. Les medailles du premier coffretsont en or; celles du deuxieme coffret en argent;

le troisicme cofiret contient une medaille d'or et une medaille d'argenl.

On

choisit un coffret; quelle est la probabilite pour trouver, dans ses tiroirs,

une

piece d'or etune piece d'argent?

Trois cas sont possibles et le sont egalement puisque les trois.

coffrets sont d'apparenceidentique.

Un

cas settlement est favorable. La probabilite est|.

Le

coffret est choisi.

On

ouvre un liroir. Quelle que soit la medaille qu'on

j

trouve, deux cas settlement reslent possibles.

Le

tiroir qui reste ferme pourra contenir une medaille dont le metal differe ou non de celui dela premiere. Sur ces deux cas, un seul est favorable au coffretdont lespiecessont differentes.

La

proba-bilite d'avoirmislamain sur cecoffret est done^.

Comment

croire, cependant, qu'il suffira d'ouvrir un tiroir

pour changerla probabilite et de | Televera |?

Le

raisonnement nepeutetre juste. II ne Test pas en effel.

CH4P. I. KNL'MERAIION DES CHANCES. 3

Apres I'ouverturedu premier tiroir deux cas reslenl possibles.

Surces deux cas, un seulest favorable, celaestvrai, mais les deux cas n'onl pas

mme

vraisemblance.

Si la piece qu'on a vue esten or, I'autre pent tre en argent, mais on aurait avantagea parier pour qu'elle soil en or.

Supposons, pour en faire paraitre I'evidence,qu'au lieude trois cofFrets on en ait trois cents. Cent conliennent deux medailles d'or, cent deux medailles d'argent et cent une medaille d'or et

unemedaille d'argent.

Dans

chaque coffret on ouvre un tiroir, on

voit parconsequent trois cents medailles. Cent d'enlre elles sont en oret cent en argent, cela est certain; les centautres sont

dou-leuses, elles appartiennentaux cofFrets dont les pieces ne sont pas pareilles : le hasard en reglerale noinbre.

On

doit s'attendre, en ouvrant les trois cents tiroirs, a y voir moins de deux cents pieces d'or : la probabilite pour que la pre-miere qui se presente appartienne a Pun des cent cofFrets dont

I'autre piece esten orest done plus grande que |.

3. Supposons, pour second exemple, que Pierre et Paul jouent auxboules; celui (|ni placerala boule la plus rapprochee

du

but gagnera. Us sontegalement habiles; mais Pierre a deux boules a jeter, Paul u'en a qu'une. Quetleest la probabilite pour quePierre gagne?

Sur

trois boulesjeteespar des joueursegalement liabiles, Pierre en a deux.

La

probabilite de gagnerest pour lui |.

Ne

pourrait-on pas dire cependant :

Chacune

des boules dc Pierre pent lre meilleure ou

moins bonne

qne la boule dePaul; quatre cas ^ont done possibles. Sur

les quatre, un seul fait perdre Pjerre, celui ou ses deux boules sont

Tune

et I'aulre moins bonnes que celle de Paul, les trois autres cas lui sont favorables. La probabilite de gagner, pour Pierre,estf.

L'enumeration

et

exacte, mais les cas n'ont pas

m^me

vrai-semblance.

Paul a de bons et mauvais coups. Si la boule

qu'il a lancde I'emporte sur la premiere boule de Pierre, il est a croire, sans rien savoir de plus, qu'elle n'est pas parmi les mauvaises. La chance pour qu'elle soit moins

bonne

que la seconde boule de

4 CALCUL DBS PROBABILITIES.

Pierre est diminuee. Parmi les quatre cas possibles, ceux dans lesquels Pierre

vamcu

dans

un

coup est vainqueur dans 1'autre sont moinsvraisembJables que ceux dans lesquels ses deux boules ont le

mme

sort.

4.

Une

remarque encore est necessaire : 1'infini n'est pas un

nombre;

on ne doit pas, sans explication, I'introduire dans les raisonnements.

La

precision illusoire des mots pourrait faire naitre des contradiclions. Choisir

au

hasard, entre un

nombre

infini de cas possibles, n'est pas uneindication suffisante.

On

dernancle, par exemple, la probabilite pour qu'un nombre, entier ou fractionnaire,

commensurable

ou incommensurable, choisi

au hazard

entre o et too, soit plus grand que 5o. La re'ponse senible evidente : le

nombre

des cas favorables est la

moitie de celui descas possibles. La probabilite est .

Au

lieu du nombre, cependant, on peut choisirson carre*. Si le

nombre

est compris entre 5o et 100, Je carre le sera entre ^5oo

el 10000.

La probabilite pour qu'un

nombre

choisi

au hazard

entre o et 10000 surpasse 2000 semble evidente : le

nombre

des cas favo-rables est les trois quarts du

nombre

des cas possibles. La pro-babilite estf.

Les deux problemes sont identiques. D'ou vient la difference des reponses? Les enonces

manquent

de precision.

Les contradictions de ce genre peuvent etre multipliees a Tinfini.

o.

On

trace

au hasard

une corde dans un cercle. Quelle est la probabilite pour qu'elle soit plus petite que le cote du triangle equilateral inscrit?

On

peut dire : si Pune des extremite"s dela corde estconnue, ce renseignementne change pas la probabilite; la symetriedu cercle ne permet d'jattacheraucune influence, favorable ou defavorable

a I'arrivee de 1'evenementdemande.

L'unedes extre'mites dela cordee'tant connue

5

la direction doit tre r^glde par lehasard. Si

Ton

trace les deux cdte's

du

triangle

equilateral ajant pour

sommet

le point donne, ils forment entre eux et avec la tangente trois angles de

60. La

corde, poure*tre

CHAP. I. ENUMERATION DES CH \NCES. 5

plus grande que le cdte du triangle equilateral, doit se trouver dans celui des trois angles qui est compris entre les deux autres.

La probabilite pour que le hasard entre trois angles egaux qui peuvent le recevoir le diri^e dans celui-la semble, par definition,

On

peutdire aussi : si1'on connait la direction de la eorde, ce renseignement nechange paslaprobabilite. La symetriedu cercle ne peimetd'y atlacheraucune influence, favorable ou defavorable aParrivee cle Pevenement demande.

La direction de lacordeetant donnee, elle doit, pour tre plus grande que le c6te du triangle equilateral, couper

Pun

ou Pautre des rayons qui composent le diametre perpendiculaire, dans la

moitie la

plus voisine du centre. La probabilite pour qu'il en soit ainsi semble, pardefinition, egale a|.

On

peut dire encore : choisir une corde au basard, c'est en choisir au hasard ie point milieu. Pour que la corde soit plus grande que le cote du triangle equilateral, il faut et il suffitque

le point milieu soit a uue distance du centre plus petite que la moitiedurayon, c'est-a-dire a Pinterieur d'un cercle quatre fois plus petiten surface. Le

nombre

des points situes dans Pinterieur d'une surface quatre fois moindre est quati-e fois moindre. La

pro-babilite pour que la corde dontle milieu estchoisi au hasard soit plus grande que le cote du triangle equilateral semble, par defini-tion, egale a {.

Entre ces trois reponses, quelle est la veritable?

Aucune

des trois n'est fausse, aucune n'est exacte, la question est mai posee.

6.

On

choisit au hasard un plan dans Pespace; quelle est la probabilite pour qu'il fasse avec 1'horizon un angle plus petit

-On

peut dire : toua les angles sont possibles entre o et -, la probability pour que le choix tombe sur un angle inferieur a 7 4 est|.

On

peut dire aussi : par le centre d'une sphere,

menons

un rayon perpendiculaire au plan en question. Choisir le plan au

6 C4LGUL DES PROBXBILITES.

hasard, c'est choisir au hasard Ie point ou cette perpendiculaire perce !a sphere.

Pour

que Tangle tin plan avec 1'horizon soil pins petit que 2,

il faut que la perpendiculaire coupe la sphere dans 1'interieur d'une zone dont la surface est

cosT)

=

4

-Le

rapport de la surface de cette zonea celle de ia demi-sphere

est

asin2^

=

0,29.

o

La

probabilite estdone 0,29.

Cette question,

comme

laprecedente, est mal posee et les deux reponses contradictoires en sont lapreuve.

7.

On

fixe au hasard deux points sur la surface d'une -phere;

quelle est la probabilite pour que leur distance soit inferieure

a 10'?

Le

premier point peut tre suppose connu, la position qu'il occupe, quelie qu'elle soit, ne change rien a la probabilite cher-chee,

Le

i^rand cercle qui reunitles deuxpoints peut etre egalemenl suppose connu, les chances possibles sont les niemes dans toutes les directions. Si Ton partage ce cercle en 2160 arcsde io', de

ma-niere que le point

commun

soit un point de division, les points situes dans le^ deux arcs separes par ie point

donne

rcmplissent senls la condition

demandee

: la probabilite est done

^^o =

On

peut dire anssi : le premierpoint etantconnu, pour

que

le second soit a une distance moindre que io', il faut qu'il soit situe dans nne zone dont lasurface est

2i6o

Le

rapport de lasurface de cetiezone a celle de la sphere est 0,0000042308

=

plus de deux cents fois

plus petiteque 77^.

CHAP. I. ENUMERATION DBS CHANCES. 7

Les probabilites relatives a la distribution des etoiles, en les

supposant semees

au hasard

sur la sphere celeste, sont

impos-sibles aassigner si la question n'estpas precisee davantage.

8. L'application clirecte de la definition, lorsque les cas pos-sibles sont en

nombre

determine et

d'egale vraisemblance, est souvent, au contraire, un probleme facile appartenanta la theorie des combinaisons.

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