LES LOIS DU HASARD. XLVII correspondante. Docileala theorie
du
probabilisme,chacun
resistera a la tentationde
verser sa provision tout entieredans
1'urnefavorable aFopinion
qui lui agreeleplus.Les
assemblies n'ont pas tentePepreuve;
ellescherchent
lesur,
comme
Pascal, leprobable ne
leursuffitpas.Laplace,
reprenant une
ideede Condorcet,
cherchedans
le
compte
des votesconcordants ou
discordants des diversjuges
lachance
qu'ils ontde prononcer
juste.Se
separantpourtant de Condorcet
surun
point degrande
importance,il fait varier cette probabilite d'une cause a Pautre,
mais
la fait,dans chaque
cause, egalepour
tous lesjuges; la seuledonnee
introduiteest lenombre
des juges favorables achaque
opinion. Siun jury
dedouze
negresprononce
sur le vol d'une banane, la probabilite de bien juger sera, d'apres la formule,precisement
lamme,
a majorite egale,que pour douze
conseillers alaCour de
cassation decidantune
ques-tion
de
droit.La
probabilite,dans
les calculs de Poisson, reste lameme
pour
toutes les causes; il n'ignore pas qu'ellepeut
varier,mais
ilcroit obtenir, sans doute,une de
cesapproximations
bien conduitesdont
parleLaplace.Une urne
contient des boules noiresou
blanches; la pro-portion estinconnue;
il suffira,pour
la decouvrir,de
faireun grand nombre de
tirages.Le
rapportdu nombre
des boules blanches sortiesau nombre
total des tirages fera con-naitre leur proportiondans Turne. La
verite,malheureuse-ment,
aussi differente de 1'erreurque
la couleurblanche
Testde
lanoire,ne
s'endistingue passi facilement.Supposons, en second
lieu,deux
urnesen
presence.On
ignore la proportion des boules noires
ou
blanches, et, a cfhaque tirage,on
fait eonnaitre,non
la couleur des boules,mais
leuraccord settlementou
leurdisaccord.On
ne"pourinaB.
d
XLVIII PREFACE.
par
de
telles epreuves, sisouvent
qu'elles soient repetees,determiner
la composition des urnes,mais seulement
ren-fermer
ledoute dans
des limilesplusou moins
etroites.En
consultant trois urnesan
lieude
deux, leprobleme
se resoutexaotement.
Si, tirantune
boulede
chacune,on
sait quellesurnes
s'accordent adonner meme
couleur, 1'epreuve,suffisamment
repetee, fera connaitre, avec telle probabilitequ'on voudra,
la composition des trois urnes, sans distinguer toutefois les casou
lesnoires seraientchangees
en blanches, etreciproquement.
Poisson
etCournot
substituentaux
trois urnes les trois jugesd'un meme
tribunal. Si Pierre,Paul
et Jacquespro-noncent
surun grand
noinbre d'affaires,on
pourra, sans savoir si leurs decisions sont justesou
injustes, connaitre leurs differences d'opinion.La formule
qui revele les boules blanches des urnes s'appliquera
aux
chancesde
bien juger,en
repoussant toutefois,pour chaque
magistral, laproba-bilite
de
setromper
plusd'une fois sur deux.Mieux
vaudrait sans cela, apres avoir vu, lu, relu, paperasse et feuillete les piecesdu
proces, jouer,comme
faisait Bridoye, la sentence a troisdes.Les deux problemes
assimilespar Poisson
sont, enrealite, tres differents. Si Pierre etPaul
s'accordent souvent contre Jacques,ilpent
se fairequ'ils aient,sur certains cas douteux,une
opinion pareille et que,en
larepoussant, Jacques
com-prenne mieux
la loi. Peut-etre Pierre etPaul
montrent-ilspour
certains plaideursune meme
indulgence,pour
d'autresune
egale.rigueur.Pour
etre plus eclaire, plus droit, plus impartial, Jacques alors serait diffamepar
la formule. Si Paul,quand un de
ses collegues a opinele premier, n'a pas la hardiessede
le contredire,la formuley
verraune preuve
de
son m&rite. Est-elle dignede
confiance?Sans
s'arr6ter aLES LOIS DU HVSARD. XLIX desdifficultesaussi visibles,Poissonn'apascraintd'assigner,
pour un
jureprisau
hasard, la probabilitede
deciderjuste.D'apres
Tensemble
desdocuments
interpretesparses
calculs,chaque
jure,en France,
setrompe une
fois sur trois. C'estbeaucoup
:Condorcet
n'endemanderait
pasdavantage.
Quelques
centainesde
cesjures sans lumieres lui sufiiraientpour
promettre,au nom de
la Science,aux
accuses innocents toute la securited'un joyeux
touriste qui,par un temps
serein,
s'embarque
surune mer
sans ecueils.VI.
L'actionlibre des etres
humains,
celle aussi desanimaux, quoi
qu'enait ditDescartes,mele
aTenchainement
deseffets et des causesun element
inaccessibleau
calcul.La
libertedu
choix produit, aparler rig-oureusement, les seuls cas fortuits.
Les
loisdu hasard
etendent plus loin leurdomaine. Un homme
agiteun
cornet, lance les des,doucement ou avec
force, droite
ou
agauche,
use sans conlraintede son
libre arbitre; ilamene sonnez
i fois sur36.On
substitueau
brasde
chair desorganes
de cuivre et d'acier.Une machine
jette les des, les ramasse, les lance encore,mue par
la forceaveugle d'un ressort entretenuepar
d'autres ressorts.Tout
estdetermine; un geometre
calcule aTavance
la succession des points.La formule donne sonnez
\ foissur 36.
Tous
lessoldatsd'une nombreuse armee
sontappeles tour 4 tour i dire
un nombre moindre que
7, le
premier venu.
Dans
leurs repomses^ inscritesdeux par
deux,on
rencontredeux 6
i foissur36. ,,
L PREFACE.
D'ou
vient cela?Les
loisdu hasard
genent-elles la liberte des efforts musculaires? reglent-ellesTordonnance
d'unme-canisme aveugle?
troublent-elles le capricede 100000
ima-ginations qui les ignorent? II n'en est pas ainsi. SiTon
influencelavolonte de ces
hommes;
si lemecanicien, rebelle klaloide
Bernoulli,prend
plaisir ala mettreen
defaut; silejoueur de
des s'y applique avecou
sans adresse, toutesnos
assertions seront fausses.A
tout effort le hasard est docile;sans souci
de
laregie, il suit lesgrosbataillons.Le hasard
est sans vertu : impuissantdans
lesgrandes
affaires, il
ne
troubleque
les petites. Mais,pour
conduireles faits
de
nature aune
fin assuree et precise, il est,au
milieu des agitations et des varietes infinies, lemeilleur et le plus simple desmecanismes. Les vapeurs
s'elevent, les vesi-cules se forment, les nuees s'epaississent, les vents les dis-persent, les meient, les entre-choquent,engendrent
la tem-pete et la pluie; le hasard conduit tout sans surveillance ni deliberation aucune, et,precisement
parce qu'il estaveugle,il remplit le lit
de
tous les fleuves, arrose toutes lescam-pagnes
etdonne
achaque
brin d'herbe sa ration necessaire de gouttes d'eau.TABLE DBS MATIERES.
Pages.
PREFACE v
GHAPITRE
I.ENUMERATION DBS CHANCES.
1. Definition de la probability. L'egalite des chances est supposesdans la definition. 2. Exemple d'une enumeration mcorrecte. 3. Autre exemple. 4. Le nombre des cas ne doit pas etreinfini. Contradiction, resultantde Toubli decettecondition. 5. Deuxiemeexemple. 6. Troi-sieme exemple. 7. Quatrieme exemple. 8, 9, 10, 11, 12, 13. Solu-tionde quelques problemes par l'enume>ationdeschances. 14. Pretendu paradoxe du chevalier de Me*re. 15. Combien faut-il tenter de coups pour obtenir une probability donnee de produire au moins une fois un e've'nementdontla probabiliteest connue? 16,Problemedujeude ren-contre. 17. Problemerelatifaux tiragesde boules numeiotees sansles remettre apres chaque tirage. 18. Probleme relatif au depouillement
<Tun scrutin de ballottage. 19. Une urne contient des boules nume*-rotees, quelle est la probability pour que sur n tirages la somme des pointstires aitunevaleur donnee. 20, 21.Applicationaucasdetroisde"s.. i-a3
GHAPITRE
II.PROBABILITES TOTALES ET PROBABILITES COMPOSEES.
22, Lessolutionsde problemes isol^s ne font pasune thorie. 23. Th6o-remedes probabilites totales. 24. Probabilites compos6es. 25. Casou
le premier ev^nement influe sur la probability du second. 26. Les the"oremes ne sont dernontr6sque danslescas pourlesquels la probabilite*
estdefime; on complete les definitions. Les theoremes deviennem gen^-raux. 27. Erreurcommisedans latheoriedutiralacible, 28. Erreur commise dans la tb^oriedes gaz. 29. Erreurcommise dans Tapprecia-tiondes pronostics surietemps. 30. Problemerelatifaux tirages faits,
dansuneurne. Faussete d'unraisonnemenLenapparencetres plausible.
31. Probability du brelan au jeu de la bouillotte, 32. Avantage.dax ,
LII CALCUL DBS PROBABIL1TES.
Pages.
banquier au jeu dc trente-et-quarante. 33- Etudes sur lejen du
bac-carat. 34. 35. Problemede lapoule 24~4 8
CHAPITRE
III.ESPERANCE MATHEMATIQUE.
36. Definition de 1'esperance mathematique. 37. Assertion exageree de Poisson. 38. La recherche de I'espeYance mathematique et celle dela probabihte* sont deux problemesdistmcts. 39. Exemple de la simpli-fication d'un probleme par la recherche directe de 1'esperance mathe*-matique. 40. Beuxiemeexemple. 41. Troisieme exemple. 42. Qua-trieme exempledans lequella recherche de1'esperance mathematiquefait connallrelaprobabilite. 43.Calcul d'une espe>ancemathematiquededuite des probability's des divers cas possibles. 44. Probleme sur lejeu de
de"s. 45. Discussion de laformule obtenue. 46. La valeur probable d'une foncrion n'est pas determined par celle des grandeurs dont elle depend. 47. Exception relative auxsommes et auxproduits quand les facteurs sont independants. 48. Paradoxe de Saint-Petersbourg.
49. Insuffisance des explications proposers par Condorcet et par Poisson.
50. La reponse du calcul est parfaitement raisonnable et n'a besom d'aucunejustification. 51, 52. lnsgnifiance de Pexplicationproposee par Daniel Bernoulli et devenue ce'Iebre sous le nom de theorie de
I'espe-rance morale 49-67
GHAPITRE
IV.THEOBEME DE JACQUES BERNOULLI.
53. R^gularite* observed des resultats du hasard. 54. Probabilite des preuves repe'ie'es. 55. Evenemenisdont la probabilite est maximum.
56.Valeur approche'e duproduit i a.3.../i. 57. Probabilite maxima dans unese"ried'e"preuves. 58. Probabilityd'un evenementpeudifferent du plus probable. 59. Fiction d'uri e*cartrepresente par une variable continue. 60. Premidre verification. * 61. Deuxieme verification.
62. Calcul exact de la valeur probableducarre de1'ecart; elle ne differe pas de la valeur approchee. 63. Troisieme verification. 64. Calcul exact de la valeur probable del^cart,elle n'est pas gale a lavaleur ap-proche'e. 65. La probabilite pour que l'e"cart soit infe"rieura unelimite donne'e est donnee par une integrate que Ton a reduite en Table.
66 La probabilite djunecart absolumfeneurauue limitefixe tendvers zero; quand le nombre des e"preuves augmente, c^est Tdcart relatif qui tend versze"ro. 07. La probabilite d'unecart a,sur p,^preuves, depend de-p::exemples numeriques. 68.feart probable et e"cartmoyen; leur
V?
rapport. 69. Representationdunombreprobabled'arriveesen mtrodui-santunfacteurdontlavaleur determine la contiance meritee parla for-mule. 70. Ce qu'on doit entendre par jouer plus ou moins gros jeur
expression de iaquelle dependent les chances de perte sur un grand
TABLE DBS MATIERES. LIII Pages.
nombredeparties. 71 Applicationdu theoremedeBernoulliaux chances electorates. 72. Differences entre les conditions re*el!es et les donnees du probleme precedent. 73. Le the*oreme de Bernoulli suppose la probability d'un evenement invariable, il suppose aussi que cette pro-babilite* ait une valeur objective; remarques sur cette question.
74, 75.Exempled'unese"rie d'epreuvesfaites avec probability variable.. 68-96
CHAPITRE
V.DEMONSTRATIONS ELEMENTAIRES DU THEOREMS DE BERNOULLI.
76.Lorsqu'un e"v6nement douteux peut se presenter de plusieursmanieres etqu'une certainegrandeurresultede chaqueepreuve, la valeur probable differedemomsenmomsdela moyennedes valeurs obtenues. 77. Appli-cation aune serie de parties faites a un memejeu de hasard. 78. Gas oulejeuestequitable, lesenoncessetrouvent en defaut. 79. Epreuves successives de deux e*venements contraires. 80. Troisieme
ctemon-stration du the"oreme deBernoulli 96-108
CHAPITRE
VI.LA RUINE DES JOLEURS.
81. Lorsqu'un joueur joue indefinimenta unjeu equitable, sa ruine tdtou tard estcertaine. La proposition semble conrradictoire, elle ne Pest pas.
82. Lorsque deux joueurs luttent indefiniment, quellesquesoientles conditionsdujeu, Tundes deux doitfinirparseminer. 83. Calcul nu-merique. 84. Lapertepeut entrainerlaruine avant la fin du nombre convenu departies.Cela accroitleschancesderuine. 85. Deuxmanieres d'enoncerle probleme de la ruine des joueurs. 86. Gasou, Pierre pos-se'dant
m
francs joue indefinimentaunjeu Equitable. 87.La valeur pro-babledunombredes partiesest infinie.IIn'y apas contradiction. 88. De-monstration dere*nonc6 pre'ce'derit. 89. Calculdeschancesde ruinedans unnombredonne"departies. 90. Exemplesmime>iques. 91. Gas ou deux joueurs ont des fortunes donne"es. Chance de ruine de chacun.92. Gas oil le jeu n'est pas equitable. 93. Autre maniered'obtenirle
m6meresultat. 94, Gas ou lesdeuxjoueurs ontm&ne fortuneet expo-sentla m^me raise. 95. Probability"pourqu'utxjoueurquijoue inde-finiment finisse par seruiner. Trois cas peuvent se presenter. 96. Le cas ou la ruine n'est pas certaine est celui ou le joueur a un avan-tage. 97. Exemple numerique. 98. Probabilite d^treruin^ precise*-mentapresunnombredonne"decoups. 99. Vaieur approch^edela pro-babilite\- tOO. Probabilitypour quelaruinesoitposte*neureaujjLlJmocoup.
101. Valeur maxima de la probability. 102. Valeur maximade la valeur approch6e. 103. Valeur probable du nombre des parties jouees avant la ruine de Tun des joueurs. 104. Gasou lejeu n'estpas Equi-table.Theoreme deM. Rouche". 105. Evidence apparente du th.e'oreme.
106. Insuffisance de la demonstration. 107. Reductiondu casora Ik -. jeuestEquitableaucas g^ntoL- 108.Casoulesfortunes soat^galesen
LIV CALCUL DBS PROBABILITIES.
cornmencant lejeu. 109.Gas ou deuxjoueurslultantl'iin contre 1'autre peuvent Tun et 1'autre 6tre ruines. Insuffisance d'un raisonnement qui.
semblefort simple. 110. Cas ou Pierre et Paul possedent chacun afr. 111. Cas ou iis possedent 3fp. 112. Gas general. 113. Examen d'une combinaison proposeepouraccroltreles chances de gain 10^-1^1