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Intervenientes no processo de avaliação de desempenho docente: avaliadores versus avaliados

Des facteurs contingents – relatifs à la plante et à sa localisation géographique ou à

l’équipe de recherche – ont donc influé sur la sélection de la centaurée de la Clape comme

investissement majeur. Face aux autres plantes languedociennes de la directive Habitats,

l’espèce se démarque en franchissant chaque étape des activités de recherche. Pour l’équipe, il ne s’agit plus de sélectionner une plante selon son degré de menace, sa valeur du point de

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botanique de Brest, mais selon des critères caractéristiques du monde de la recherche, c’est

-à-dire qui évoluent à chaque étape mise en œuvre.

On peut comparer cette procédure de sélection à celle mise en évidence à une plus petite échelle par Karin Knorr Cetina (1999; 1996) à propos des biologistes moléculaires. L’auteur

montre que ceux-ci tendent à utiliser une stratégie d’« essais par tâtonnement »98 (« blind variation ») face aux problèmes qu’ils rencontrent, dont on peut faire l’analogie avec la

sélection naturelle. Cette stratégie consisterait à procéder partiellement par une forme de tâtonnement : le chercheur ne cherche pas systématiquement à comprendre la cause

exacte des échecs d’expériences; il en reproduit d’autres et en sélectionne une « par le succès », comme les mutations de l’ADN le sont par sélection naturelle.

Confrontés à une réaction ne donnant pas de bons résultats, à un problème d'interprétation de données, à une chaîne de traitements qui ne semble pas marcher, les biologistes moléculaires ne vont pas se mettre à chercher les causes de la difficulté, à l'inverse des physiciens qui mènent des "études". Au lieu de cela, ils vont introduire des variations de différentes sortes en se fiant au fait qu'elles produiront, en définitive, un résultat tangible utilisable.

(ibid., 1996)

Dans la réalité, comme le souligne Karin Knorr Cetina, nuançant son propos, le biologiste moléculaire ne procède pas entièrement au hasard, réalisant ses expérimentations

selon une stratégie d’essai par tâtonnement partiel – « semi-blind variation » : il se sert de son expérience ou identifie avec l’aide de collègues plus expérimentés l’étape du protocole

qui a pu poser problème. Néanmoins, il esquive99en général les véritables clarifications du problème (ibid.). C’est par exemple le cas du traitement des bandes autoradiographiques

obtenues par électrophorèses : les bandes peuvent être traitées en variant le temps

d’exposition, en prélevant des échantillons à différents moments, et en choisissant une

méthode différente pour prouver les résultats. Pour l’auteur, cette stratégie répond à une logique de production de résultats contrainte à des limites de temps : les participants

98 Traduction en français de la métaphore (Knorr Cetina, 1996).

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choisissent de telles stratégies à la lumière du besoin de produire des résultats dans certaines limites de temps – pas en réponse à un besoin de « comprendre » le problème. Cette

tendance pragmatique peut être aisément justifiée par le fait qu’attaquer un problème en son cœur est souvent impossible, ou bien plus contraignant que d’atteindre le succès par l’intermédiaire de l’essai pas tâtonnement partiel100 (traduction à partir de Knorr Cetina, 1999, p. 110).

Ce projet participe finalement de cette approche expérimentale de la biologie qui base sa

production de connaissances sur l’étude approfondie d’organismes modèles d’accessibilité

aisée – que ce soit en lien avec leur génome, leurs capacités de reproduction, leur facilité de conservation, etc. La plante retenue est in fine celle qui semble permettre au mieux de tester le modèle théorique – et peu importe son statut juridique ou son importance

« patrimoniale » à ce stade. Cette sélection d’un modèle par les généticiens n’est pas sans

rappeler – et les expériences qui vont suivre sur la plante vont nous le confirmer – le statut du pois (Pisum sativum) de Gregor Mendel ou de la drosophile (ou mouche de vinaigre,

Drosophila melanogaster) de Thomas Morgan, dotés de qualités pratiques évidentes, qui dans la même discipline de la génétique – que ce soit en génétique chromosomique ou génétique des populations pour le second exemple – ont servi de « cobayes » (Buican, 2010, p.115).

Un contraste se dessine ici entre ce nouveau lien à la plante et celui, antérieur, du Conservatoire botanique de Brest : tandis que dans ce dernier les aspects de rareté et

d’endémisme apparaissaient fondamentaux dans le choix des plantes recherchées, mises en

culture et éventuellement (ré)introduites, et que souvent le matériel n’était disponible qu’en

très faible quantité et son accès difficile, ici la plante recherchée doit dorénavant être la plus

100« [the bands] can be dealt with by varying the exposure time of a film, by taking samples at different points in time, and by choosing a different method of proving the results. Participants choose such strategies in light of the need to produce results within certain time limits – not in response to a need to “understand” the problem. This pragmatic slant can easily be justified by the fact that attacking a problem at its core often is not possible, or is much more troublesome than achieving success by means of semi-blind variation. »

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proche possible, présenter à la fois plusieurs populations, facilement accessibles et aisément échantillonnables. Un nouveau type de plante se voit donc privilégiée : une plante certes in situ, mais dans un in situ proche, en termes de connaissances et en termes géographiques. Finalement, la génétique des populations apparaît encourager ici un lien resserré avec la plante.

3 Comment la plante devient cobaye : exemple d’Arenaria