CAPÍTULO I – OS PROFISSIONAIS DE SAÚDE E A DIRETIVA ANTECIPADA DE
4. OS PROFISSIONAIS DE SAÚDE PERANTE A DIRETIVA ANTECIPADA DE
4.2. O Processo de Tomada de Decisão dos Profissionais de Saúde Perante a
soi-ABROGATION DE L'ARTICLE 1781 DU CODE C1%‘IL..
HUMBLE REQUÊTE
VALET DE CHAMBRE
AU bÈNAT BELGE L-ûuis OLIVIER. OOCTEOSEB DROIT. ' Arevé it Ji^ tappléiat âk Triboail oItU d* ÇhBVAUU DI L'pJIMIC M ^èO*CUI.'f TJ'S-y«D7'WW—
VERVIERS. UtPBXMS&ir CK. VCiCBE. Rl'E DU CHEMi.
1882.
^ Annales Parlementaires de Belgique, Sénat, session législative de 1866-1867, pp. 241-242.
^ Ibidem.
“ Armand Wasseige (1812-1882), docteur en droit, député catholique de l’arrondissement de Namur, ministre des Travaux publics (1870-1871), bourgmestre de Dave {Le Parlement.... pp. 619-620).
Docteur en droit, avoué et juge suppléant au tribunal civil de Verviers, chevalier de l’Ordre de Léopold. A également rédigé, en collaboration avec Adolphe Bosard (1835-1876) Une journée de Guignon, pas grand chose en un acte (1860) : Bibliographie Nationale. Dictionnaire des écrivains
La domesticité : une histoire d’exclusions 104
disant valet Joseph et adressée aux ministres ainsi qu'aux parlementaires. A la fin de l’année 1882, quand la question refait surface à la Chambre, Olivier édite cette requête sous forme de brochure'^’. Joseph y stigmatise l'article 1781 qui consacre « une inégalité sociale », s’en prend à Barbanson qui plaide pour le maintien des inégalités apparemment voulues par l’ordre naturel. Il affirme « que l'ordre social ni le repos des familles ne seront pas mis en danger par la restitution de leurs droits sociaux à la nombreuse classe des domestiques. Le droit coutumier nous traitait en parias; les législateurs de 1804 ont confirmé les dispositions du droit féodal, c'est à vous [membres du Sénat] qu'il appartient de poser un grand acte de réparation. La dignité humaine l'exige, si la justice ne vous en faisait un devoir »'".
Le système de surveillance des domestiques, cher aux maîtres, est en grande partie désarticulé par la loi de 1883, qui d’un coup rend les livrets facultatifs et abroge l'article 1781 du code civil. Les mesures législatives, visant les domestiques et les ouvriers et tendant ainsi à les assimiler, disparaissent. La suspicion, qui englobait indistinctement les ouvriers industriels et les gens à gages, revêt désormais des formes particulières pour chacune des deux catégories. Les émeutes sanglantes de 1886, qui éclatent peu après, accélèrent encore ce processus de distinction en focalisant l’attention des classes dirigeantes sur le prolétariat industriel, et sur lui seul. Le fossé entre domestiques et ouvriers est définitivement creusé avec le vote des deux principales lois « ouvrières » d’avant 1914, la loi sur le contrat de travail et celle sur les accidents de travail.
Domestiques et ouvriers : le fossé se creuse
Rappelons brièvement les faits. Au printemps 1886 éclatent des émeutes sociales sans précédent. La réponse des autorités ne se fait pas attendre, des troupes sont envoyées et rétablissent l’ordre. La rapide répression est à la hauteur des angoisses ressenties par les classes dirigeantes. Peu après les émeutes qui ont ensanglanté les bassins industriels, le gouvernement catholique institue une commission chargée de « s'enquérir de la situation du travail industriel dans le royaume et d'étudier les mesures qui pourraient l'améliorer »“^.
belges et catalogue de leurs publications 1830-1880, t. III, P. Weissenbruch, Bruxelles, 1897, réed. 1974, p. 67.
^ L. OLIVIER, Humble requête d'un valet de chambre au sénat belge, Impr. Ch. Vinche, Verviers, 1882. Nous adressons tous nos remerciements à Monsieur Hannotte, directeur de l'Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale pour nous avoir fait parvenir ce document.
Ibidem, p. 9.
^ Sur la commission d'enquête, voir: E. GUBIN, « Les enquêtes sur le travail en Belgique et au Canada à la fin du 19e siècle » dans G. KURGAN-van HENTENRYK (éd.), La question sociale en
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D est classique, dans l'historiographie belge, de faire remonter la naissance de la législation sociale aux lendemains de ces événements. Récemment, divers historiens ont largement nuancé cette vision linéaire de l’histoire qui présentait « les lois ouvrières de la fin du siècle comme le résultat d'un processus irrésistible [...] processus quasi déterminé qui traduirait un accord social et politique obtenu après des décennies de tensions et d'injustices
Néanmoins ces événements dramatiques ont permis de balayer les réticences des adversaires de la réglementation et, en démontrant l'extrême urgence à apporter des solutions à ce que l'on nomme classiquement la question sociale, ont fourni l’occasion aux adeptes de Le Play de s’affirmer au sein du parti catholique au pouvoir“^. Pourtant, dans la foulée de l'abrogation de l'article 1781 du code civil et de la loi abolissant l'interdiction des coalitions, les quelques lois votées durant ces années visent essentiellement à colmater les brèches ouvertes dans le droit commun''^. Ces changements demeurent timides, ponctuels et imprégnés du souci de ne pas rompre avec le cadre juridique traditionnel.
Il n’empêche que ces années font entrevoir l’espoir d’une amélioration des conditions de vie pour la classe ouvrière, alors qu’elles s’accompagnent d’une stagnation, voire d’une régression, pour les serviteurs à gages, soit parce que les nouvelles lois les excluent explicitement, soit parce que leur objet même les en écarte et montre que le champ d’intervention du législateur se focalise sur le « lieu de tous les dangers », la grande entreprise'^.
Dès la fin de la législature de 1886-1887, le projet de loi sur le paiement des salaires est discuté. L'objectif du gouvernement est d'interdire purement et
Belgique et au Canada XIXe-XXe siècles, Centre d'Etudes Canadiennes, Université libre de Bruxelles, Bruxelles, 1988, pp. 93-121.
J.-P. NANDRlN, « La laborieuse genèse du droit social belge: une utopie récupérée? », dans La question sociale en Belgique et au Canada, éd. ULB, p. 123.
" J. PUISSANT, « 1886 ou la Contre-Réforme sociale ? », dans P. van DER vorst(dir.). Cent ans de droit social belge, Bruylant, Bruxelles, 1986, pp. 67-100 ; E. GUBIN,, « Les enquêtes sur le travail en Belgique et au Canada à la fin du XIXe siècle », dans La question sociale en Belgique et au Canada..., pp. 93-121 ; J.-P. NANDRlN, « La genèse du droit social en Belgique, Plaidoyer pour la chronologie » Juris scripta historica, Koninklijke Akademie voor Wetenschappen Letteren en Schone Kunsten, Bruxelles, 1977, pp. 256-288. Sur Frédéric Le Play, ingénieur français , « père » de l’observation sociologique de terrain et fondateur de la Société d’Economie sociale: F. arnault,
Frédéric Le Play. De la métallurgie à la science sociale. Presses Universitaires de Nancy, Nancy,
1993.
J.-P. NANDRlN, « La laborieuse genèse... », p. 133.
^ C’est le cas en 1887 des Conseils de l’Industrie et du travail, en 1888 de la loi sur l’inspection des établissements dangereux et sur la surveillance des machines à vapeurs, en 1889 de la loi sur les habitations ouvrières, par exemple, qui, par leur objet même, ne concerne pas les domestiques.
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simplement tout paiement en nature fait sous forme d'avances et compensées ensuite sur le salaire, d’empêcher que celui-ci ne soit réglé dans un débit de boissons et de soustraire l'ouvrier à l'obligation de s'approvisionner dans une boutique ou un magasin imposé par le patron, en bref de mettre fin aux abus du truck-system dénoncés par la Commission du Travail. Ces abus paraissaient tellement répandus que le gouvernement se devait d'intervenir par une loi spectaculaire. Mais les amendements proposés sous la pression conjointe de l’opposition et des milieux industriels en atténuent fortement la portée initiale. Des exceptions, des dérogations sont acceptées ; l'on permettra notamment au patron de fournir à l'ouvrier, à charge d'imputation sur les salaires, les denrées, vêtements ou autres combustibles. Mais surtout la portée réelle et volontariste de la loi est amplement restreinte par l’exclusion des domestiques, des ouvriers logés et nourris chez leur patron ainsi que des ouvriers agricoles (art. 12)"’. Ainsi, les maîtres ne sont toujours pas obligés de payer les gages de leurs domestiques « en monnaie métallique ou fiduciaire », ce qui maintient la porte ouverte à tous les abus possibles et imaginables.
Le contrat de travail
La loi sur le contrat de travail du 10 mars 1900 est révélatrice d’une mise au clair des situations respectives entre ouvriers et domestiques ; celle sur les accidents du travail en sera en quelque sorte le point d’orgue, toutes deux « finalisent » une discrimination entre les travailleurs, selon leur mode d’engagement et le lieu de leur travail.
A partir de 1893 en effet, l'état d'esprit change, les réformettes s'affermissent et la timide audace de 1886 se métamorphose en un interventionnisme plus marqué qui débouche sur des lois nettement plus consistantes. Cette transformation s’explique en partie par la modification du système électoral qui offre au Parti Ouvrier belge ses premiers parlementaires"*. Ils entrent à la Chambre avec un programme qui comporte un train important de mesures législatives de type interventionniste. Jean Puissant a bien montré que cette explication ne suffit pas et que c’est davantage à un changement à l'intérieur même du monde catholique que l'on doit cette évolution"®. Le courant leplaysien et la Jeune Droite connaissent pour l'heure une influence
« La présente loi ne concerne ni les ouvriers agricoles, ni les domestiques, ni, d'une manière générale, les ouvriers logés et nourris chez leurs patrons » : Pasinomie, 1887, Bruylant-Christophe, Bruxelles, loi du 16 août 1887, n° 290, pp. 375-377.
^ Alors que le suffrage universel est encore tempéré par le vote plural (l'immense majorité des électeurs socialistes ne dispose que d'une seule voix), vingt-huit députés socialistes sont élus à la Chambre! La surprise est totale. Voir M. LIEBMAN, Les socialistes belges 1885-1914. La révolte et l'organisation, éd. Vie ouvrière, Bruxelles, 1979, p. 122.
^ J. PUISSANT, « 1886, la contre-réforme sociale? », P. van DER VORST (ss. dir.). Cent ans de droit social belge, Bruylant, Bruxelles, 1986, pp. 67-100.
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croissante dans les rangs du parti catholique, au pouvoir depuis 1884. Les ministres impriment une nouvelle impulsion à la législation sociale, notamment en mettant en place des institutions comme le Conseil Supérieur du Travail, l'Office du Travail puis le Ministère de l'Industrie et du Travail, appelés à jouer un rôle essentiel dans la construction du droit social belge^°. Mais jusqu'à la guerre de 1914, la législation a surtout envisagé les rapports individuels entre patrons et ouvriers, ne prenant donc pas en compte la réalité complexe de l'entreprise et les droits collectifs des travailleurs. Néanmoins elle a protégé les travailleurs, elle leur a assuré des garanties contre l'arbitraire patronal et a réglementé leurs conditions de travail. Le passage d'un louage de services, non codifié, à un contrat de travail s'insère en partie dans ce processus.
Certes, la loi sur le contrat de travail n’est pas directement issue du choc des événements de 1886, mais elle l’accompagne. Elle était à l’étude depuis le début des années 1880 et le débat, relativement technique, avait été suscité par la multiplication des accidents dans les mines et, parallèlement, par la multiplication des procès intentés aux industriels. Son origine s’ancre donc exclusivement dans la grande industrie et son corollaire - la mécanisation et les dangers qu’elle fait courir aux travailleurs. Jean-Pierre Nandrin en a bien étudié les contours, montrant comment la nécessité de définir les responsabilités dans un cadre contractuel fit intervenir désormais la notion de risque et la perspective assurantielle, à la place de la notion de faute prévue par le code civil^*. Tout, dans l’origine et dans la motivation des législateurs, écarte donc des préoccupations les formes non- industrielles du travail, il pourrait sembler logique dès lors que les domestiques en soient exclus.
Mais lorsque le 24 janvier 1891, le ministre de la Justice Jules Le Jeune installa la commission chargée d’élaborer un avant-projet de loi sur le contrat de louage de service, il s’agissait bien dans son esprit de l’envisager pour les ouvriers comme pour les domestiques. Cette commission, présidée par le conseiller à la cour de Cassation, Van Berchem, se compose de manière significative de deux leplaysiens notoires, Dejace, professeur à l’Université de Liège (s’intéressant à cette question depuis 1885) et Adolphe Prins, professeur et futur recteur de l’Université de Bruxelles, alors inspecteur général des prisons, ainsi que d’Emile Harzé, ingénieur des mines et de H. Adan, directeur de la compagnie d’assurance La Royale Belge.
“ Pour l’historique du Conseil Supérieur du Travail, organe consultatif fondé par A.R. du 7 avril 1892, suivi en 1894 de l’Office du Travail puis du Ministère de l’Industrie et du Travail .• voir notamment L’Office du Travail de 1895 à 1905, Bruxelles, 1905 ; R. TERRIZZI, Les ministères de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale (1895-1990), A.G.R. & Archives de l’Etat dans les Provinces, Miscellanea Archivistica Studia, Bruxelles, 1993 ; pour les archives y référant voir : A. M. PAGNOUL, Ministère de l’Emploi et du Travail. Inventaire d’archives (1887-1914) du Conseil Supérieur du Travail, A.G.R., Bruxelles, 1977.
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Prins, Dejace et Harzé avaient siégé à la Commission du Travail. Le rapport déposé par la commission est énorme, il comprend 110 articles qui constituent au total un fort volume de plus de 400 pages, qu'on mit un an à imprimer.
Le 13 août 1891, s’appuyant sur les travaux de la commission, Jules Le Jeune dépose à la Chambre des Représentants un projet de loi sur le louage de services des ouvriers et des domestiques. Celui-ci y est défini comme « un contrat par lequel ils s'engagent à accomplir un travail ou un service sous l'autorité, la direction ou la surveillance d'un chef d'industrie ou patron ou d'un chef de ménage, moyennant une rétribution à fournir par ceux-ci Le projet tente ainsi de répondre à l'insuffisance des dispositions du code civil qui laissent toujours le louage de service « sous l'empire exclusif des principes généraux qui régissent les contrats, et des coutumes locales, souvent arbitraires et incertaines ».
Ce contrat peut se conclure verbalement ou par écrit ; dans ce cas un exemplaire doit être remis à l'ouvrier ou au domestique au moment de l'engagement, contre récépissé portant sa signature ou, si il ne sait pas écrire, la signature de deux témoins choisis hors du personnel dépendant du chef d'industrie, du patron ou encore du chef de ménage. Le rapport de la commission reprend l'article 1780 du code civil, réaffirmant qu'on ne peut engager son travail ou son service qu'à temps ou pour une entreprise déterminée. Les obligations de l'ouvrier et du domestique y sont énumérées; accomplir le travail promis dans la convention, agir conformément aux ordres et aux instructions que l’employeur leur donne et s'abstenir de tout acte qui pourrait nuire à leur propre sécurité ou à celle de tiers. Quant aux employeurs, ils doivent fournir la rétribution due conformément à l'usage des lieux ou à l'arbitrage du juge, mettre à la disposition de l'ouvrier ou du domestique les outils et les matières nécessaires à l'accomplissement du travail ou du service et de prendre « avec la diligence d'un bon père de famille », toutes les mesures propres à assurer la sécurité de leurs travailleurs.
Ce projet est relativement complexe mais également très complet puisqu’il prend notamment en compte les accidents de travail. Jean-Pierre Nandrin a souligné combien tous les débats préparatoires au contrat de travail sont en réalité influencés par la question des accidents. En effet, l'article 11 stipule que « les chef d'industrie, patron et chef de ménage répondent, comme de leur propre fait, du fait donunageable commis envers l'ouvrier ou le domestique [...] si le fait dont il s'agit rentre dans les fonctions, travaux ou services dont ceux-ci sont chargés ». Ils sont tenus de déclarer l'accident dans les vingt-quatre heures à la police locale. Par ailleurs des dispositions spéciales sont prévues pour les domestiques (articles 100 à
Documents Parlementaires, Chambre des Représentants, session de 1890-1891, n° 260, séance du 13 août 1891, p. 237.
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108) : lorsqu'ils ont subi des lésions corporelles pendant l'accomplissement de leur service, ils ont le droit de réclamer, du chef de dommage, des indemnités temporaires (si l'incapacité de travail dépasse quinze jours) et des rentes viagères (si l'incapacité est permanente). Toutefois le maître est dispensé de payer ces indemnités s’il s’engage à faire soigner et à entretenir son ou sa domestique jusqu'à la guérison complète, de même il n'est pas tenu de verser une rente viagère s’il propose de faire soigner et entretenir son ou sa domestique frappé(e) d'incapacité absolue.
La publication du rapport suscite réactions et critiques, le trop grand interventionnisme de l'Etat est fustigé. Si les industriels consentent à reconnaître le retard de la Belgique en matière sociale, par rapport aux pays voisins, « ce n'est pas une raison suffisante pour vouloir les dépasser du premier coup Les détracteurs estiment que le projet de loi ressemble à un fourre-tout, un amalgame d'injonctions et, surtout, qu'il est extrêmement coercitif à l'égard des patrons et des maîtres. Les clauses relatives aux accidents de travail sont les plus critiquées, car l’accident qui survient au cours du service n’est peut-être pas nécessairement occasionné par celui-ci. En effet, un ouvrier peut se blesser « en maniant un engin auquel il lui était défendu de toucher, un domestique s'entête dans un travail qui lui était défendu d'entreprendre ». Les caisses de secours et les assurances souscrites par les patrons suffisent amplement pour parer à ces accidents, il n’en faut pas plus. En outre, les coûts engendrés par les paiements des dommages et intérêts pourraient devenir rapidement exorbitants. Aucune statistique, digne de ce nom, n'ayant été parfaitement élaborée, et, « en ce qui concerne les domestiques, nous croyons à une pénurie complète de renseignements rudimentaires »^, il est rigoureusement impossible de prévoir le montant des primes.
Mais c’est surtout l’absence de liberté qui est décriée : améliorer une situation est une chose, la bouleverser en est une autre et les industriels comme les maîtres ne sont pas prêts à l'accepter. Les arguments des adversaires sont quelquefois très subtils. Charles Sainctelette^^ alors bâtonnier du barreau de Cassation et député libéral de Mons, qui fut ministre des Travaux publics de 1878 à 1882, s'insurge contre le projet de louages de services parce qu’il est destiné spécialement aux ouvriers et domestiques... à l’exclusion des autres catégories de travailleurs ! A ses yeux cette distinction est scandaleuse et discriminatoire alors que l'on « réserve pour
Projet de loi sur le louage de services des ouvriers et domestiques. Observations d'un industriel liégeois, Impr. Demarteau, Liège, 1891, p. 60.
^ Ch. SAlNCTELETTE, Louage de services. Projet du gouvernement. Analyse et observations, Impr. Bruylant-Christophe, Bruxelles, 1893, p. 6.
Sur Charles Sainctelette (1825-1898), voir la longue notice de E. DISCailles dans Biographie Nationale, t. 21, Bruxelles, Bruxelles, 1911-1913, col. 53-86.
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d'autres gens des qualifications plus pompeuses, des principes plus élevés, des mesures plus équitables [...]. Les uns valent les autres. Des deux parts, il est, parmi eux, comme parmi tous les gens, des êtres mauvais, de médiocres et d'excellents. Mais ce n'est pas là une raison de faire une distinction légale entre eux et de faire pour les uns un droit différent de celui qu'on fait pour les autres
Accompagné de ces critiques, le rapport de la commission extraparlementaire est confié au Conseil supérieur du Travail et ce n'est qu'en novembre 1896, soit cinq ans après les conclusions des experts, que l'exposé des motifs de la nouvelle mouture du projet de loi sur le contrat de travail est proposé aux parlementaires^’.
Le projet initial est passé par une phase intense d'amaigrissement. En effet, la loi ne s'applique plus au contrat de louages de service, compris dans le sens le plus général, car « les conditions et les effets dans lesquelles se fait ce contrat sont loin d'être les mêmes pour toutes les catégories de travailleurs ». Le nouveau projet allégé ne vise plus que le contrat entre ouvriers et chefs d'entreprises et ne s'applique ni aux artisans travaillant à domicile, ni aux apprentis, ni aux employés de