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Autres documents conciliaires

No documento le dialogue islamo-chretien au senegal (páginas 113-116)

3.3 Le dialogue dans la tradition catholique

3.3.4 Le concile Vatican II

3.3.4.2 Autres documents conciliaires

Le Concile Vatican II fut décisif dans la démarche de l’Église catholique d’ouverture aux autres religions. En effet, le regard de l’Église a véritablement changé avec l’avènement de ce concile. L’Église a fait un grand virage, attitude que l’on peut qualifier de conversion. D’une Église qui pensait être l’unique religion véritable, ‘Extra ecclesiam nulla salus’ (En dehors de l’Église il n’y a point de salut), avec le Concile Vatican II, nous découvrons une Église largement ouverte aux autres religions.

À la suite de la déclaration Nostra Aetate, à travers d’autres documents conciliaires, l’Église continuera à manifester sa disposition au dialogue avec les autres religions. C’est ainsi que la Constitution Lumen Gentium reconnaît que les grandes traditions religieuses peuvent être porteuses de valeurs salvifiques qui préparent à la reconnaissance de la plénitude de vérité qui se rencontre dans le christianisme. Elle affirme :

28 GARNEAU, Jean Yves. Les religions. Prêtre et Pasteur, Montréal, juin 2018. p. 321.

29 GEFFRÉ, Claude. A fé na era do pluralismo religioso. In: TEIXEIRA, Faustino Luis Couto (Org.).

Diálogo de pássaros. Nos caminhos de dialogo inter-religioso. São Paulo, Paulinas, 1993, p. 61-62.

Enfin pour ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, sous des formes diverses, eux aussi sont ordonnés au peuple de Dieu et, en premier lieu, ce peuple qui reçut les alliances et les promesses, et dont le Christ est issu selon la chair….Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en premier lieu les musulmans qui, professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. Et de même des autres, qui cherchent encore dans les ombres et sous les images un Dieu qu’ils ignorent, de ceux-là même, Dieu n’est pas loin puisque c’est lui qui donne à tous vie, souffle et toutes choses, et puisqu’il veut, comme Sauveur, amener tous les hommes au salut (LG 16).

De même, la Constitution pastorale Gaudium et Spes dira dans ce sens que tous les hommes et toutes les femmes qui ont été sauvées participent, malgré leur différence, au même mystère de salut en Jésus Christ par la puissance du Saint Esprit : « Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce» (GS 22§5).

Un secrétariat pour les non-chrétiens sera érigé par le pape Paul VI dès 1964 pour promouvoir le dialogue avec les non-chrétiens30. Dans un document intitulé Dialogue et Mission, ce Secrétariat pour les non-chrétiens définissait le dialogue en ces termes :

Le dialogue est avant tout un style d’action, une attitude et un esprit qui inspirent le comportement. Il comporte attention, respect et accueil de l’autre, à qui on laisse l’espace nécessaire à son identité, à son expression propre et à ses valeurs31.

C’est dans ce même document que l’Église va réaffirmer l’impératif du dialogue pour tout chrétien:

Tout disciple du Christ, en vertu de sa vocation humaine et chrétienne, est appelé à vivre le dialogue dans sa vie chrétienne, qu’il soit en situation de majorité ou de minorité. Il doit répandre le parfum de l’Évangile dans le milieu où il vit et travaille : famille, société, éducation, arts, économie, politique, etc.

Ainsi le dialogue est-il inséré dans le dynamisme global de la mission de l’Église32.

Dans son encyclique Redemptoris Missio sur la valeur permanente du précepte missionnaire du 07 octobre 1990, le pape Jean Paul II réaffirmera la nécessité du dialogue interreligieux disant qu’il fait partie de la mission évangélisatrice de l’Église et ne s’oppose pas à la mission de l’Église : « Au contraire, il lui est spécialement lié et il en est une expression. Car cette mission a pour destinataires les hommes qui ne connaissent pas le Christ ni son évangile et qui, en grande majorité, appartiennent à d’autres religions » (RM 55).

30 Au départ créé comme Secrétariat pour les non-chrétiens, il deviendra le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux le 28 juin 1988.

31Secrétariat pour les non-chrétiens. Dialogue et Mission, 1984, n. 29.

32 Dialogue et Mission, n. 30.

Dans un autre document du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, Dialogue et Annonce qui recueillent réflexions et orientations concernant le dialogue interreligieux et l’annonce de l’Évangile, document publié à l’occasion des 25 ans de la Déclaration Nostra Aetate, l’Église catholique indique trois manières pour comprendre le terme dialogue. Elle identifie le dialogue comme communication réciproque dans un premier temps, ensuite elle définit que ce terme peut bien signifier une attitude de respect et d’amitié ; pour enfin définir le dialogue comme : « l’ensemble des rapports interreligieux, positifs et constructifs, avec des personnes et des communautés de diverses croyances, afin d’apprendre à se connaître et à s’enrichir les uns les autres»33.

Le Conseil pontifical donnait ainsi des repères pour aider les chrétiens à respecter davantage les croyants des autres religions. Ainsi, l’Église a davantage pris conscience qu’elle n’est pas seule au monde, et que les autres religions méritent une attention. Ce langage de plus en plus positif de l’Église envers les autres religions est une disposition qui incite les chrétiens à l’ouverture, à reconnaître les valeurs que portent les autres religions. La mission de l’Église est accompagnée par cette disposition au dialogue. Nulle mission évangélisatrice ne portera de fruits sans cette ouverture, sans ce dialogue avec les autres religions. Dans cette façon de concevoir les autres religions, l’Église s’est montrée ouverte, ce qui peut être considéré comme une véritable ‘révolution’. L’attitude de l’Église envers les autres religions a beaucoup changé, elle qui reconnaît maintenant aux autres religions des valeurs affirmant désormais que le salut est destiné à tout homme :

Du mystère d’unité dérive que tous les hommes et toutes les femmes qui sont sauvés, participent -bien que différents- du même mystère de salut en Jésus Christ, grâce à son Esprit… Le mystère de salut les atteint, par des chemins connus par Dieu, grâce à l’action invisible de l’Esprit du Christ. Et c’est à travers les bonnes pratiques dans leurs propres traditions religieuses, et suivant les principes de leur conscience, que les membres des autres religions répondent affirmativement à l’invitation de Dieu et reçoivent le salut en Jésus Christ, même s’ils ne le reconnaissent pas comme leur sauveur34.

Le Concile Vatican II s’est largement ouvert aux religions non-chrétiennes et s’est investi pleinement pour cette cause. Grâce à ce Concile, le langage de ‘dialogue’ va entrer dans le vocabulaire de l’Église parlant des autres religions : « Cette attitude reçut le nom de dialogue. Ce vocable, qui est une norme et un idéal, fut valorisé dans l’Église par Paul VI avec l’encyclique Ecclesiam Suam (06 août 1964)35. Ce vocable de ‘dialogue’ est conçu par l’Église comme : « un ensemble de relations inter-religieuses, positives et

33 Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, Dialogue et Annonce. 1991, n 9.

34 Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, Dialogue et Annonce. 1991, n 29.

35 Secrétariat pour les non-chrétiens, Rome, 10 juin 1984, n.3

constructives, avec les personnes et les communautés des autres confessions religieuses, pour une mutuelle connaissance et un enrichissement réciproque »36.

Cette disposition au dialogue continuera après ce pape à travers les enseignements et les différentes approches des papes qui vont lui succéder. Nous retiendrons entre autres pour ce travail les trois papes qui nous sont plus proches, à savoir les papes Jean Paul II,

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