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PARTE I: BASES TEÓRICAS

CAPÍTULO 2. QUADRO DE REFERÊNCIA DAS POLÍTICAS DE GOVERNAÇÃO DOS OCEANOS

2.3. Forças e fraquezas da governança do oceano

Un passage m’interpelle particulièrement :

« Loin d’user les miroirs comme un Narcisse envoûté, Vincent Guerre me

répondit simplement qu’il ne le voyait plus. Comprenez que la répétition du

geste précis du découpage de verre prime sur la fonction de l’objet. Quand

l’heure est à la technique, elle n’est pas à la contemplation. »

Je fais un lien avec nos pratiques de recherches : peut-on être être tout à la fois

(et qu’est-ce que cela signifie exactement?) dans l’action, le geste, et dans la

réflexivité? Les chercheurs, en sciences humaines et sociales, mais aussi en

sciences exactes et expérimentales, comment peuvent-ils être réflexifs

concrètement dans leurs pratiques quotidiennes de la recherche? Le temps et les

exigences de la recherche (définies par qui?) le permettent-il?

(premières petites réflexions associées ici) », Mélodie, 08/01/2012 à 14:58

Au cours d’une exposition, Vincent Guerre avait installé un stand à la dimension surréaliste entièrement couvert de miroirs et d’écritures. Quelques personnes en furent mal à l’aise au point de venir le traiter de fou! Un psychiatre était venu en discuter avec lui. Dans les cliniques psychiatriques ou dans les cabinets thérapeutiques, il n’y a jamais de miroir. L’effet de son autre est très perturbant. Les psychés sont pourtant des miroirs fort pratiques pour se voir de plain pied. Mais la psyché est fragile et le face à face avec son image perdue n’est pas des mieux perçu… Pour revenir à notre miroitier d’Art, je me suis interrogée sur son travail, en lui demandant si ce n’était pas trop perturbant de voir son reflet dans chaque miroir à traiter. Loin d’user les miroirs comme un Narcisse envoûté, Vincent Guerre me répondit simplement

qu’il ne le voyait plus. Comprenez que la répétition du geste précis du découpage de verre prime sur la fonction de l’objet. Quand l’heure est à la technique, elle n’est pas à la contemplation. Cela ne veut pas dire que Vincent Guerre n’est pas un être contemplatif sinon comment capter le reflet si particulier de ces miroirs de mercure.« Le miroir a un pouvoir : un pouvoir évocateur. Chacun y voit ce qu’il veut y voir. »

Réflexions

Comme précédemment dit, le miroir est un objet symbolique puissant et grâce aux entretiens menés avec les deux miroitiers d’Art, leurs propos appuient cette dimension onirique. Le miroir : objet-passage, porte vers des infinis! Il laisse passer la lumière pour mieux la restituer dans ses images. On y passe des heures à se regarder tout au long d’une vie sans jamais les user. On y voit magie et poésie, temps qui passe et temps qui reste. Objet double du temps d’avant et du temps présent : vieilli et piqué par le temps, il prend sa revanche en réfléchissant nos traits vieillissants. Il se passe toujours quelque chose dans le cadre du miroir, en notre présence ou en notre absence. L’image est en mouvement même de la façon la plus imperceptible. Mais comment savoir sans regarder le miroir? Et c’est peut-être là que se cache sa magie, dans l’insaisissable. Il contient un monde en symétrie axiale identique en tout point au nôtre sans jamais être vraiment le nôtre.

Discussion

« Merci Marie-Anne et Mélodie pour vos commentaires. Concernant ta

réflexion sur le geste et la réflexivité, cela me rappelle la discussion en trio avec

Yann sur piratepad. Nous avions abordé ce sujet. A la lumière de mes dernières

lectures, je pense que la distanciation est l’une des réponses possibles à tes

questions. Ensuite notre cerveau se concentre sur la priorité du moment : l’acte,

le geste important. Pour exemple, l’anthropologue peut difficilement être à la

fois observateur et participant : il est tour à tour l’un ou l’autre. C’est un

va-et-vient régulier… Mais je ne veux pas en dire plus pour le moment et

j’imagine que c’est un sujet que tu aborderas dans ton mois. :^) », Stéphanie

Messal, 11/01/2012 à 22:47

Parcourir la Galerie des Glaces est une expérience architecturale puissante qui ne laisse jamais indifférent. À chaque heure, la Galerie se transforme : claire ou d’or, sa lumière est fascinante. En architecture, l’utilisation des miroirs est particulière. Il reste très peu de cabinets de glaces : ces endroits prestigieux étaient ornés de miroirs magistraux. À l’époque, le miroir était un privilège. Aujourd’hui, les miroirs sont partout à commencer dans nos salles de bain. Le culte du corps y est-il pour quelque chose? Quoi qu’il en soit, le miroir agrandit les espaces et les rend lumineux. Il ne dédouble pas l’espace, il ne le multiplie pas en surface. Il l’agrandit et le rend multiple dans sa perception : il l’ouvre sur un autre point de vue. Nombre d’artistes ont utilisé les miroirs pour la réalisation de leurs œuvres. C’est d’ailleurs avec plaisir que j’ai un jour découvert l’installation de l’artiste japonaise Yayoi Kusama. Infinity Mirror Room est un moment de grâce. Plongé dans l’obscurité, l’espace infini s’illumine de pois lumineux. Jeux de miroirs des murs au plafond et de miroir d’eau au sol, les lumières comme des lucioles en sont démultipliées à l’infini. Et notre reflet se perd au milieu de cet espace. Seul le contact de nos pieds au sol nous rappelle que nous touchons terre alors que notre esprit s’est déjà envolé dans l’immensité du cosmos.

Je vis en observant le monde sur le miroir de mon œil. La lumière le pénètre et constitue une image dans mon cerveau de ce que je perçois : vrai ou faux, qui peut le dire? Mes expériences, mon vécu, mes sensations font de moi un individu qui perçoit le monde d’une façon unique. L’accumulation de tous ces éléments formant ce que j’appelle ma mémoire a une influence considérable au quotidien sur la perception de mon environnement. « Les yeux sont les miroirs de l’âme »dit-on. Mes sens me renvoient dans un monde qui n’est ni plus ni moins que mon monde.

Par la sensation je saisis en marge de ma vie personnelle et de mes actes propres une vie de conscience donnée d’où ils émergent, la vie de mes yeux, de mes mains, de mes oreilles qui sont autant de Moi naturels. Chaque fois que j’éprouve une sensation, j’éprouve qu’elle intéresse non pas mon être propre, celui dont je suis responsable et dont je décide, mais un autre moi qui a déjà pris parti pour le monde, qui s’est déjà ouvert à certains aspects et synchronisé avec eux. Entre ma sensation et moi, il y a toujours l’épaisseur d’un acquis originaire qui empêche mon expérience d’être clair pour elle-même (Maurice Merleau-Ponty, 1998).

Si nous pouvions regarder en nous-mêmes, nous serions alors aspirés dans un abîme infini tel deux miroirs en face à face : une terrible confrontation qui n’en finirait plus, hypnotique et mortifère5. On peut comprendre alors que l’autre soit notre meilleure psyché, nous offrant une autre vue de nous mêmes, loin des reflets et proche des réflexions.

***

Billet original: Messal, Stéphanie, 4 janvier 2012, « Je suis votre miroir ».

Espaces réflexifs[carnet de recherche], consulté le 5 mars 2018. http://reflexivites.hypotheses.org/52

Crédit photographique: miroir par technoloic, 2007, licence CC-BY

Remerciements

A Bernard Pictet et Vincent Guerre pour avoir accepté ces entretiens.

« Qu'est-ce que la réflexivité ? » - La

conversation scientifique

MÉLODIE FAURY

Une proposition de départ, ni fermeture, ni