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3.1.3 Évolution et diversité des méthodes . . . 62

3.1.4 Les méthodes d’ensemble . . . 66

3.1.5 Synthèse : des avantages et des inconvénients . . . 68

3.2 ÉTAT DE L’ART . . . . 69

3.2.1 De la météorologie à la neige au sol. . . 69

3.2.1.1 Les précurseurs. . . 69

3.2.1.2 Au tour des modèles de surfaces . . . 70

3.2.1.3 L’intégration de la neige. . . 70

3.2.2 Assimilation de données "neige" in situ . . . 71

3.2.3 Assimilation de produits "neige" satellitaires . . . 75

3.2.3.1 Imageurs optiques . . . 75

3.2.3.2 Imageurs Micro-ondes . . . 81

3.2.3.3 Assimilation combinée - Imageurs optiques et micro-ondes 84

3.2.3.4 Conclusion . . . 87

3.2.4 Assimilation de luminances "neige" satellitaires . . . 87

3.2.4.1 Micro-ondes passives. . . 87

3.2.4.2 Micro-ondes actives . . . 88

3.2.4.3 Optique solaire. . . 89

3.2.5 Synthèse bibliographique sur les méthodes d’assimilation. . . 91

3.2.6 Conclusion . . . 92

3.3 MÉTHODE D’ASSIMILATION POUR CROCUS . . . . 93

3.3.1 Stratégie d’assimilation . . . 93

3.3.2 Les éléments de décision . . . 94

3.3.3 Théorie du filtre particulaire . . . 95

Dans un premier temps, ce chapitre 3 aborde les notions essentielles de l’assimilation de

données. L’objectif de la section3.1est de se munir des éléments théoriques nécessaires pour

appréhender sans difficultés la suite du chapitre.

L’état de l’art de l’assimilation en hydrologie / nivologie est présenté dans la section

3.2. Cette revue bibliographique est l’occasion de mettre en avant les différents types de

données neige assimilées. A travers cette section, nous essayons de mieux comprendre l’intérêt

d’exploiter des réflectances satellitaires optiques pour contraindre les simulations du manteau

neigeux.

Dans la dernière section3.3, nous discutons les particularités de notre système par rapport

aux conclusions de l’état de l’art. Cette section fournit ainsi la stratégie et l’ensemble des

élé-ments déterminant le choix de la technique d’assimilation choisie pour Crocus. La description

de la méthode sélectionnée arrive à la fin de cette section précédant une courte synthèse sur

les éléments-clés à retenir pour le chapitre suivant.

3.1 QUELQUES ÉLÉMENTS SUR L’ASSIMILATION DE

DONNÉES

L’étude des phénomènes naturels repose sur deux sources d’informations distinctes :

l’observation et la modélisation (section 1.2). Dans un premier temps qualitatives, les

ob-servations sont devenues également quantitatives suivant l’augmentation et la sophistication

des réseaux de mesures. La Figure 3.1 est la constatation de ce phénomène encore actif de

nos jours, ici en météorologie.

Figure 3.1: Évolution des cumuls mensuels du nombre d’observations utilisées par le modèle de

prévi-sion numérique de Météo France ARPEGE. De plus en plus, le modèle intègre une très grande

quan-tité et variété d’observations conventionnelles (stations synoptiques terrestres SYNOP/RADOME), de

bouées, de profils atmosphériques émanant de radiosondages (TEMP). On compte également des

ob-servations réalisées par des bateaux (SHIP) et des informations sur l’humidité intégrée de l’atmosphère

(GPS sol). Des profils de vents (PILOT/PRF) ainsi que des mesures issues de la télédétection (ATOVS,

SSMI/S, AIRS, IASI, CRIS, ATMS, SEVIRI, GPS satellite, SATOB, diffusiomètres (SCATT) sont

également utilisées. Depuis 2008, on peut constater une augmentation significative des données des

satellites de sondage (IASI, ATOVS et AIRS). Source Météo-France - DPREVI/COMPAS.

Rapidement, l’utilisation de modèles descriptifs a permis de rendre compte de l’aspect

dynamique des systèmes étudiés. Le développement et l’utilisation des modèles numériques

ont réellement débuté avec l’apparition des ordinateurs après la Seconde Guerre Mondiale.

Dès lors, l’utilisation conjointe des modèles numériques et des observations fit émerger les

sciences de l’assimilation de données. L’objectif principal de cette méthode est d’obtenir la

meilleure estimation de l’état d’un système physique en combinant l’ensemble des sources

d’informations disponibles (modélisation et observations). Cela inclut la prise en compte et

l’intégration des différentes sources d’incertitudes, fondement solide de cette discipline riche

et grandissante.

3.1.1 Concept de base

La procédure par laquelle est produite la représentation optimale du système étudié à un

instant donné à partir d’informations de natures différentes et possiblement incomplètes définit

l’analyse. Les sources d’informations principales sont alors attribuées aux observations et

aux simulations numériques. L’interpolation des observations irrégulièrement réparties, la

conversion de paramètres mesurés en une information physique interprétable (température,

humidité, albédo..) font également partie des tâches incluses dans l’analyse. Le résultat de

l’analyse produit ce que l’on nomme aussi "une analyse" ou "l’état analysé".

Dans le cas d’un modèle sur-déterminé en observations, l’analyse se réduit à un problème

d’interpolation. L’information contenue dans cette collection d’observations est bien assez

riche pour se satisfaire des mesures seules. Bien entendu, il est plutôt fréquent d’être confronté

à un manque d’information. Effectivement, la modélisation possède la capacité de simuler des

variables dans l’espace (et dans le temps), mais l’observation de ces mêmes variables peut

être limitée en raison d’un réseau de mesures clairsemées, d’un souci de représentativité ou

encore des incertitudes inhérentes aux observations. Le modèle est alors sous-déterminé en

observations et l’analyse n’est plus réalisable en tous points. Pour y remédier, il est donc

nécessaire d’introduire une information sur l’état préliminaire du système, laquelle pouvant

être rectifiée dès lors que des observations sont disponibles. Cette connaissance initiale du

système - soit une estimation obtenue avant l’analyse - se nomme l’a priori, l’ébauche ou

encore le background. Émanant bien souvent d’une prévision antérieure ou encore d’une

cli-matologie, l’ébauche peut être vue comme une observation "fictive" disponible à tout moment.

Comme schématisée dans la Figure3.2, l’utilisation d’une ébauche contourne les problèmes

de disponibilité des observations (e.g. densité, distance).

ébauche

Espace

x

Observations

état analysé

Espace

x

Observations

état analysé

?? ??

Figure 3.2: Exemple schématique de l’apport d’une ébauche (observation "fictive") dans l’analyse.

L’état de l’ébauche est représenté par la courbe verte, les observations par les points orange et l’état

analysé par la courbe bleue.

Si l’ébauche provient d’une prévision antérieure qui a été propagée avec le modèle de

prévi-sion, les informations délivrées par les observations s’accumulent au cours du temps dans l’état

du modèle ; on parle alors non plus d’analyse maisd’assimilation de données. Comme définie

par François Bouttier1, l’assimilation de données s’identifie comme "une séquence d’analyses

au sein d’un même système physique dont l’évolution fait intervenir un modèle numérique

d’évolution de ce système". L’assimilation de données vise donc à intégrer dans son analyse les

propriétés physiques du système sous respect des contraintes de cohérence des lois d’évolution

1

Directeur du Groupe de Modélisation et d’Assimilation pour la Prévision (CNRM/GMAP) de

Météo-France de 2003 à 2010

régissant les processus modélisés. C’est donc la prise en compte des propriétés physiques

connues du système à travers l’utilisation d’un modèle d’évolution physique (implicitement

la prise en compte de la dimension temporelle) qui distingue l’analyse de l’assimilation de

données.

Pour résumer, les composants essentiels d’une analyse de bonne facture sont donc des

observations, une première ébauche et la considération des propriétés physiques du système

(à travers un modèle physique d’évolution). Toutes ces informations sont essentielles mais

sont également soumises à certaines erreurs. La connaissance des statistiques d’erreurs et leur

représentation sont véritablement primordiales puisqu’elles déterminent le niveau de confiance

attribué aux différentes sources d’informations.