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Altérité et dyade islamique

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Academic year: 2017

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© Université de Mostaganem, Algérie 2004

Altérité et dyade islamique

Ghawt hy Hadj Eddine Sari Paris, France

Résumé :

L'alt érit é est loin d'êt re un concept universel, le caract ère de ce qui est aut re, qualit é essent ielle ou dif f érences, ne se sit ue pas t ouj ours dans le même champ de réf lexion dans les cult ures et langues. La connaissance et reconnaissance d'aut rui présent e deux aspect s de la conscience de l'êt re, deux cheminement s, parf ois disj oint s, alt ernat ivement le plus souvent , l'it inéraire du soi au moi et l'aller vers l'aut re. Je sit uerais cet t e approche de l'alt érit é dans la f onct ion de "barzach" du "'aql" humain.

Mots-clés :

alt érit é, Ibn Arabi, Islam, religion, humanisme.

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Le concept "alt érit é" est lié à la sémant ique ; la philologie permet d'en appréhender les dif f érent s signif iés cult urels. De l'alt er lat in signif iant "aut re" à "l'alt er-égo" consacré par l'usage, le sens a évolué avec le langage et de cela découlent des accept ions mult iples du concept alt érit é. A cela, modif icat ion et diversif icat ion des sens dans une même l angue, il f aut j oindre dans l'approche cult urelle les diversit és des langues et les t raduct ions de concept se heurt ent , de f ait , à l'absence parf ois du concept même. L'adage "t raduire c'est t rahir" prend t out e sa valeur dans le suj et que j 'essaye de t rait er. Pour évit er, aut ant que possibl e, t out e "t rahison", j e me suis imposé d'explicit er les t ermes arabes que j 'ut ilise en me réf érant à dif f érent es exégèses, quand il s'agit de verset s coraniques et hadyt hs, à lissan el arab d’ Ibn Mandhur pour l es aut res réf érences (voir bibliographie ci-après).

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L'alt érit é est loin d'êt re un concept universel, le caract ère de ce qui est aut re, qualit é essent ielle ou dif f érences, ne se sit ue pas t ouj ours dans le même champ de réf l exion dans les cult ures et langues.

En int errogeant une élève qui prépare act uellement son épreuve de let t res du baccalauréat , qu'est ce que l'al t érit é ? Ell e me répondit spont anément : "sauf moi".

Cet t e élève est de double cult ure, arabe et f rançaise ; j e remarquais dans sa réponse une approche "arabe" du signif ié, en t raduisant sauf par "gheyr". . . C'est d'ailleurs cet t e accept ion, me semble- t -il, qui est ut ilisée par vot re universit é dans l'int it ulé du colloque : "gheryay".

La connaissance et reconnaissance d'aut rui présent e deux aspect s de la conscience de l'êt re, deux cheminement s, parf ois disj oint s, alt ernat ivement le pl us souvent , l'it inéraire du soi au moi et l'aller vers l'aut re. Je sit uerais cet t e approche de l'alt érit é dans la f onct ion de "barzach" du "'aql" humain. Deux Maît res de not re cult ure islamique ont t rait é cela, à ma connaissance, l e premier, du XIIe/ XIIIe siècle du calendrier grégorien, Ibn Arabi le second Cheikh Amoly du XVe. Tous deux enseignent la double dimension de l'homme : zahir et bat ine = apparent et int erne.

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sourat e IV.

L'alt érit é devient alors la reconnaissance de l'unit é de l'âme humaine dans sa diversit é. . . La science moderne a proclamé en novembre 1997 "La déclarat ion universelle du génome humain et de la dignit é de l'Homme", qui va plus loin que la déclarat ion de l'O. N. U de 1948 des droit s de l'homme. . .

1 - Le mythaq ou pacte primordial :

"Alors que l'humanit é ét ait en pot ent ialit é en les reins d'Adam (AES). Le Créat eur l'int errogea : ne Suis-Je pas vot re Seigneur ? Tous Le reconnurent , il s n'auront aucun argument pour j ust if ier d'évent uel déni "enseigne en subst ance le Coran (VII/ 172), d'après les exégèses. Ainsi, par ce pact e primordial ent re créat ures humaines rassemblées en Adam et Dieu, l'homme prit conscience de son essence avant son exist ence, conscience individuell e et collect ive : il doit voir en l'aut re un préexist ant comme lui-même, voué à une exist ence de dulie ou ibada, servir l'humanit é c'est servir Le Créat eur de t ous.

Il y a deux sort es de religions, les religions de douleia ou dulie, l es religions de lat rie. Douleia est un t erme grec qui signif ie servir au sens de ibada, il s'ensuit une religion dont l'essent iel du cul t e est le service de Dieu par l e service de l'humanit é. Un khabar rapport é par Al Harawi dans Daradj at et t aiibin enseigne : Donnant le choix à Son Prophèt e (AES), Dieu, subhanahu wa t aala, a dit "t u seras selon t a préf érence un Prophèt e-Servit eur ou un Prophèt e-Roi" Jibril (AES), l ui inspira d'êt re humble et le Prophèt e choisit d'êt re servit eur. L'Islam est une dulie-ibada.

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Kaaba el mukarrama. On a t rop t endance à simplif ier les religions et f aire admet t re que les mosquées sont des t emples, alors que leurs f onct ions déf inies par le Prophèt e (AES), est connaissance et reconnaissance : "celui qui vient à ma mosquée pour t ransmet t re une science ou acquérir une science est dans la voie divine, cel ui qui y vient pour aut re chose que cela est un voyeur", enseigne-t -il dans un hadyt h, il ut ilisa l e concept de voyeur : "raj oul yanzur mat a'a ghayrih". Hadyt h rapport é par Ibn Maj a et El Beyhaqi, in Et t erghib. . . de l'Imam el Mundhri.

L'alt érit é du myt haq sera ainsi la reconnaissance en l'aut re, en les aut res humains Fils d'Adam, une f rat ernit é essent ielle issue d'une mat rie unique = umma adamya. Les verset s coraniques, les hadyt h qudsis ou révélat ions f ait es en dehors du Coran, dans lesquels Le Créat eur s'adresse aux êt res humains, début ent par l'expression "banu Adam" ; dans un hadyt h rapport é par Ibn Asakir, IL précise à l'homme ce qu'est Sa religion : "En vérit é, voici une religion que J'agrée pour moi-même. Ne lui conviennent que la générosit é = sakha et le noble caract ère = husnu el khuluqi. Honorez-la donc par ces deux vert us t ant que vous la suivez". Cet t e alt érit é par réf érence à la loi divine a induit , dès l'aube de l'Islam, un mouvement af f irmant la primaut é du social par rapport au collect if et , conséquemment , de la personne libre et responsable, par opposit ion à l'individu lié au groupe t radit ionnel. La poésie arabe ant éislamique est riche d'épopée glorif iant l es exploit s d'individus, les adorant , en f aisant même parf ois des dieux, à l'inst ar des épopées grecques et ses démiurges, indoues, persanes. . . En Islam, par le Coran et les hadyt h, le lien ent re humains n'est ni t ribal ni héroïque, il est ident if ié à la générosit é, la libéralit é, le j oud et le karam, conf ormes au pact e primordial.

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la spécif icit é de l'aut rui : agir envers aut rui en miséricorde pour ne pas êt re en cont radict ion avec sa propre nat ure "surat u errahman", qualit é essent ielle que le Créat eur a donnée aux hommes. Les hommes seront t els les doigt s des deux mains, se lavant mut uellement , enseigne El Imam el Ghazali dans son Ihya, en réf érence à un hadyt h ; t elle est l'alt érit é approchée par l'essent iel du myt haq. Elle conf ère à l'individu une conscience, de soi et des aut res, collect ive ; elle induit l a not ion de responsabil it é collect ive, responsabilit é que dénierait celui qui n'est qu'exist ent ialist e, ou qui n'envisage le spirit uel que comme const ruct ion cognit ive et non nat urel : l'enf er c'est l'aut re, l'homme est un loup pour l'homme, l'homme est corrompu par la sociét é, aut ant de paradigmes exist ent ialist es.

Dans sa crit ique de la psychologie comme science, se réf érant aux enseignement s de Heidegger et Husserl, J. - P. Sart re arrive à cet t e nécessaire approche de l'homme par sa "globalit é" : "Nous sommes donc dans l a sit uat ion inverse de celle des psychologues, écrit -il , puisque nous part ons de cet t e t ot alit é synt hét ique qu'est l'homme et que nous ét ablissons l'essence d'homme avant de début er en psychologie" ; le philosophe se limit era, cependant , à ne sit uer la cognit ion que dans le champ des phénomènes, l'émot ion, mais conclura par "la f act icit é de l'exist ence humaine" ce qui rej oindrait par d'aut re chemin "le maya" = illusion des hindouist es, "le gharour" coranique.

2 - L'altérité de par la "amana" dépôt primordial :

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D'aut res maît res, Ibn Ruschd (Averroès) dans El Façl, El Mundhri, Ibn Arabi (R. A. A) en donnent une signif icat ion pl us large : le libre arbit re. Dans ce verset il est quest ion de l'insàn et non plus des banu Adam, c'est à dire de l'homme dans son ipséit é, c'est par cela et en cela qu'il f ut ignorant de la science qu'il lui f ut donnée (Coran sourat e II verset s 31 à 39). L'ipséit é mène en ef f et à l a ananya, exagérat ion dans la conscience du "j e", du "moi", elle génère le j uhl = ignorance et , comme pour Adam et Eve, pour Abraham (AES), les kelimat s oct royées par le Créat eur, paroles de j ust ice = adl (Coran II/ 36, VII/ 22, 20, II/ 123) f eront que l'homme ne sera pas inique. Par ailleurs pour êt re digne de cet t e amana, l'homme se doit de ret ourner au "j ardin" de la connaissance et cueillir les "f euilles" à l'inst ar du prot ot ype de l'humanit é (Adam et Eve, Coran VII/ 22) pour recouvrer la raison.

La parabol e du péché originel t ransmise aux enf ant s d'Adam et Eve est ét rangère à l'enseignement coranique qui st ipule qu'ils f urent induit s en erreur par précipit at ion, aj l en arabe, composant e de l'homme, préf érant l'inst ant d'un f ruit à l'ét ernit é du j ardin ; recevant les kalimat s = paroles et cueillant les f euilles, ils ont ret rouvé leur humanum = f it ra, nat ure primordial e, le Prophèt e (AES) enseigne que chaque êt re humain naît dans la f it ra = humanum, sans dist inct ion de race ou de religion (VII/ 172 ; XXX/ 30).

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au paradis si son voisin ne se sent pas en sécurit é auprès de lui". L'alt érit é liée à la responsabil it é envers l'aut re f ut la base de l'enseignement du philosophe E. Lévinas. Se ressourçant dans l es comment aires de la Thora, il décrit "la responsabil it é pour aut rui comme une charge, suprême dignit é de l'homme", il a écrit cela en homme de f oi de la f amille du Livre, ces qiçiçines dont parl e le Coran. Il a, par ailleurs, insist é sur le "visage d'aut rui". "Le visage", écrit -il, "est ce qu'on ne peut t uer, ou du moins ce dont le sens consist e à dire : Tu ne t ueras point " (Tabl e de la Loi révélée à Seyiduna Moussa, AES). Il est nécessaire de relever que ce philosophe de l'alt érit é, comme le désignent les médias, n'a pas relevé les 9 aut res commandement s des Tables de la Loi qui sont , cependant , des approches sociales de l'alt érit é. Dans l'Evangile rapport é par les Apôt res, el hawaryoun du Coran, le Sermon sur la mont agne de not re seigneur, seyiduna Aïssa (AES), est aussi l'alt érit é par la responsabilit é envers aut rui.

Dans le Coran cet t e prescript ion divine est rappelée dans le chapit re consacré au crime de Caïn : "celui qui t ue un êt re humain c'est comme s'il t uait l'humanit é ent ière, celui qui rend la vie à un êt re humain c'est comme s'il revivif iait l'humanit é ent ière" (Coran V/ 32). Cela permet t ra d'int roduire dans cet t e réf lexion la t roisième approche de l'alt érit é : voir et recevoir aut rui.

3 - L'altérité par la contemplation de l'être :

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respect pour El Hallaj il écrit , de celui qui f ut exécut é pour avoir crié "j e suis Haq ! ", "il f aut savoir que les paroles d'el Hallaj ne doivent pas êt re prises comme modèles, car il ét ait dans un ét at d'ext ase, non pondéré, son ét at n'ét ant pas st able ses expériences sont ent achées d'errance. . . ". Il comment e par cont re le Minhaj d'el Hallaj en y relevant , comme dans "des cent aines d'aut res livres", une grande connaissance de la religion, du f iqh et charya. Plus poche de not re époque, Huj weiri ét ant du XIIe siècle, l'Emir Abd el Qader (RAA), disciple spirit uel du grand maît re Ibn Arabi (R. A. A), écrit dans ses célèbres Mawaqif : "celui qui dit , en pleine possession de sa raison ce qu'a af f irmé El Hallaj , les glaives de l'exot érisme et de l'ésot érisme (suyuf el sharya wa el haqiqa) s'abat t ent sur lui". Tous ces maît res enseignent cependant que l'on ne peut que cont empler Dieu et Dieu Seul en regardant l es créat ures.

Malek Bennabi, dans Le phénomène coranique, livre qu'il écrivit en 1946, analysant la dif f érence d'approche du récit de seyyiduna Youssouf (AES), ent re les t ext es coranique et biblique, relève la mét aphore dans le récit coranique, absent e du récit biblique. La t ent at ion de Josèphe (Youssouf ) et le secours de Dieu décrit s au verset 24 de la sourat e XII, ne f igure pas dans la Bible (chap. XXXIX) ; cet t e t ent at ion par l a beaut é d'une f emme, la f emme de Put iphar, est un des exemples allégoriques que cit e L'Emir Abd el Qadir pour illust rer la f oi qui sauve : Cont empler une f emme et voir en cela la présence de la beaut é oct royée par le Seul Créat eur, est une approche de l 'alt érit é salvat rice. Le Coran précise bien à ce suj et dans le verset cit é : la f emme de Put iphar désira Josèphe et il l'eût désirée (hamma biha) s'il n'eût vu un bourhan, signe manif est e de son Seigneur, qui le dét ourna ainsi du sou' = mal et de l'inf amie, il ét ait de ceux qui servent DIEU, int ègres (salihynes).

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rédigeant l eurs œuvres en arabe, il ét ait parf ois dif f icile de dire si l'aut eur est de t elle ou t elle aut re religion. Il ne s'agit pas de syncrét isme, ils f aisaient leurs les idées, les réf lexions qu'ils recevaient de leurs cont emporains et enrichissaient leurs propres analyses.

Ainsi le cél èbre Ibn Meimoun = Maimonide, dans son œuvre magist rale Kit ab dal alat hairine, écrit e en arabe et t raduit e en f rançais par Le guide des égarés cit e les mout akellimines, rat ionalist es musulmans en s'inspirant de l'Imam El Ghazali, son analyse d'Arist ot e, son œuvre El munqid mina eddalal ; il indique à ses ét udiant s que "l'amour de Dieu est par une prof onde int elligence de t out l'êt re par la cont emplat ion de la sagesse divine qui s'y manif est e. Un aut re maît re de l'époque de El Muhassibi, Abu Talib el Mekki, a écrit en arabe El Hidaya ila f araiid el qulub, t raduit en f rançais par A. Chouraqi en "Les devoirs du cœur de Baya", il s'agit de Bahya Ibn Paquda. Ce maît re consacre dans son ouvrage un "port ique" ent ier int it ulé : El i't ibar bi el makhluqat , t raduit par la cont emplat ion des créat ures. L'aut eur y rappelle les verset s bibliques invit ant l'homme à regarder les aut res avec sagesse : "et quand l'insensé marche sur le chemin, le sens lui manque, et il t rait e chaque passant d'insensé" Ecclésiast e X/ 3) ; chercher en la cont emplat ion des créat ures de Dieu l'amour, Son amour, est la conclusion de l'aut eur.

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4 - Le syndrome de Caïn, de l'altérité à l'autrisme :

La pédagogie coranique insist e sur les modèles humains, met en exergue les dif f érent es approches de "l'aut re" qu'eurent les banu Adam, qu'ils f ussent prophèt es, personnages de récit s, voire des "dj ins". Il est import ant de souligner qu'en Islam l e monde dans lequel évoluent l es êt res humains relève lui aussi d'une dyade : le visible et l'invisible ; dans l'éducat ion f amiliale, l'enf ant est t rès t ôt habit ué à respect er ceux qu'il voit et les aut res qu'il ne voit pas mais qui exist ent réellement , parallèlement , qu'il désigne souvent par "haduk ennas = ces aut res gens", le Coran lui apprend qu'il est parmi eux des croyant s et des non croyant s. . . cit és dans plus de 17 sourat es II/ 1 à 18, LXXII, ent re aut res. La parabole du meurt re de Caïn est rapport ée dans V/ 27-31, son exégèse par le maît re schït e Ibn Aby Elhadyd, nous donne les argument s de Caïn pour t uer son f rère :

- j 'ai ét é conçu au Paradis, lui a-t -il dit , t oi sur t erre - j e suis l'aîné

- j 'ai donc droit de vie et de mort sur t oi.

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mot rices dispersées dans les muscles et servant ces f acult és dirigeant es", précise Avicenne (Ibn Sina) en comment ant le verset de la Lumière "l'huile brillerait sans que le f eu la t ouche" XXIV/ 35, ce qui est dit à la louange de la f acult é de réf lexion, aj out e Avicenne.

Pour combat t re l'aut risme, nous enseigne Ibn Arabi, l a salat régulière, cinq f ois par j our, seul ou en communaut é, maît rise l es wassawis des dj ins ou des sociét és humaines : cinq salat s pour cinq ét at s d'âme, nef s animal au réveil d’ un êt re humain mort durant son sommeil, nef s impérieux "ammara" au duhr, nef s crit ique "luwama" au asser, nef s quiet "mut mainna" au maghrib, nef s unit ive "wahida" au icha, prêt à mourir dans le sommeil pour renaît re le lendemain XXXIX/ 42. Le Prophèt e enseigne "meurs avant de mourir", t el ce que dit seyiduna Mussa, Moïse (AES) à son peuple qui avait const ruit un dieu avec l'or, un veau, exalt at ion de leur "moi", "uqt ulu enf usakum" II/ 40 à 54, par ailleurs Goet he se réf érent comme Kant et Volt aire au Coran, Dit "Meurs et deviens". L'alt érit é par ces enseignement s, sit uera l'aut re dans l'essent iel commun de l'humanit é, l'élargira à t out e la Créat ion, Cieux, t erres, l'Univers, relat ivisant l'individu, le gardant de l'aut risme par l'harmonie nécessaire.

5 - Conclusion :

"Humains, Nous vous avons créés d'un couple homme et f emme. Si Nous avons f ait de vous des peuples et des t ribus, c'est en vue de vous connaît re et vous reconnaît re. Le plus digne d'ent re vous au regard de Dieu est celui qui est le plus "t aqui" parmi vous" (Cor. XLIX/ 13).

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L'hosion rend mieux le sens coranique de la t eqwa. Ainsi l'êt re humain dans son environnement social, peuple ou t ribu, concevra l'alt érit é par le respect absolu du Créat eur, reconnaissant dans les diversit és même des st ruct ures sociales le respect qui leurs est du, ce sera sa dignit é d'homme.

L'homme est un "barzach", t erme persan du Coran signif iant exact ement le diopt re, c'est à dire la surf ace de séparat ion ent re deux milieux d'indice de réf ract ion dif f érent , t el le barzach qui se crée quand on verse de l'huile sur de l'eau, il est huile et eau, mais inséparable des deux, il n'a de réalit é que par l eur présence simult anée. L'émir Abd el Qadir y f ait allusion dans El Mawaqif comme réalit é mohammédienne. Il est souvent t raduit par "ist hme" ce qui, à mon avis ne rend pas le sens coranique de ce t erme, barzach, que l 'on t rouve dans le Coran avec le sens que j e lui donne "ent re ces deux eaux, salée et non sal ée, est un barzach qu'elles ne t ransgressent pas" (Cor. LV/ 19, 20, 21). Ainsi chaque êt re humain reçoit , comme une lumière, le rouh divin, t raversant son zahir et son bat ine, par son corps durant sa vie t errest re il réf ract e, réf léchit cet t e lumière qui t raverse le diopt re, âme du zahir, mort ell e, nef s goût ant l a mort physique, cessant d'êt re quand le corps - barzach meurt , rouh immort elle, esprit de son bat ine. L'al t érit é est corrompue en aut risme, racisme lorsque l'humain a alt éré son âme, oubliant l e myt haq, la amana, le dhikr Allah (Cor. XIII/ 11).

Bibliographie :

1 - El Muhassibi : El Waçaya, Dar el Kut ub el Ilmya, Beyrout h 1986. 2 - El Mundhri : Et t erghib wa et t erhib mina el hadyt h echerif , Dar el Fikr. 3 - El Ghazali : El munqid mina eddalal, Dar el Fiar, Beyrout h - Damas 1970. 4 - El Ghazali : Ihya ulum eddine, Dar Ihya el kut ub el arabya, Aissa el Baby el halaby.

5 - Ibidem : Michket el Anwar, Le Caire 1954.

6 - Ibn Arabi : Tef sir el Qorân el Karim, Dar el Andalous, Beyrout h 1981. 7 - Ibn Mundhur : Lissan el Arab, Dar el Maârif , Damas 1960.

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9 - Ibn Hibbàne : Sahih, Muassassat Errissala, Beyrout h 1997.

10 - Ibn Aj iba : Yqadz el Himam, el Mekt aba Et haqaf ya, Beyrout h 1980.

11 - Ibn Aby Elhadyd : Nehdj el Balagha, Ed. Aïssa el Baby el Halabi, Le Caire 1965.

12 - El Emir Abd el Qadir : El Mawaqif , Dar el Yaqdza el Arabya, Damas 1966. 13 - Abi Talib el Mekki : Qawt el Qulub, El Met baâ el Meimounia, le Caire 1920. 14 - Goet he : Conversat ions avec Eckermann, Trad. Chuzeville, NRF, Paris 1988.

15 - Avicenne : Récit de Hay Ibn Yaqzan, Trad. Goichon, D. Brower, Paris 1959. 16 - Volt aire : Zadig ou la dest inée, Club du livre, Genève 1968.

17 - Eva de Vit ray (El Hadj a R. A) : Rûmi el met hnawy, Ed. Sindbad, Paris 1980. 18 - Emmanuel Todd : La Troisi ème planèt e, Ed. Seuil 1983.

19 - Baya ibn Paquda : Les devoirs du cœur, t rad. A. Chouraqui, Ed. de Brouwer 1972.

20 - Plat on : Eut hyphron, t rad. J. -Y. Chât eau, Ed. Pédagogie moderne, Paris 1979.

21 - Malek Bennabi : Le phénomène coranique, Paris 1976.

22 - El Arbi Edderqaoui : Let t res aux disciples, t rad. T. Burckhardt . Ed. Arché 1978.

23 - J. - P. Sart re : Esquisse d'une t héorie des émot ions, Ed. Hermann, Paris 1960.

24 - Emmanuel Lévinas : Et hique et Inf ini, Ed. Fayard, Paris 1982.

25 - Emir Abd el Kadir : Ecrit s spirit uels (Mawaqif , ext rait ), M. Chodkiewcz A. Michel.

Pour citer l'article :

 Ghawt hy Hadj Eddine Sari : Alt érit é et dyade islamique, Revue Annales du pat rimoine, Universit é de Most aganem, N° 02, 2004, pp. 41 - 53.

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